L’art de dire non et de se préserver l’estime.

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Autour de moi, c’est le rape bucket challenge. Les femmes soulèvent le voile du viol et montrent les cicatrices de la fois qu’on a pénétré leur âme non consentante. Les hommes, pour la plupart, se regardent entre eux, dépassés par les statistiques qui tombent comme des accusations publiques et joignent les mains devant leurs shnolles coupables par association.

Tous s’entendent que d’imposer son phallus avec ses poings malgré un refus catégorique est un attentat terroriste sur la psyché et le corps. Ce qu’on appelle un viol en bonne et due forme. Mais là où ça chie en p’tit roofie de Cosby, c’est la calisse de zone grise…

Ici, je prends le risque de me faire lapider l’opinion mais fuck it, j’le pense, j’l’écris : Moi, quand je veux me faire dire que je suis belle, je mets mon cul pis mes jambes pis je strutte mon stuff. Entre deux «Jolie mademoiselle», j’ai droit à «Crisse que j’t’la mettrais d’dans!!», mais tsé, c’est pas tout le monde qui est un Rimbaud de la cruise. Y’a rien qui me gosse plus qu’une féministe en jarretelles qui s’offusque qu’on lui snappe l’élastique. Quand je fais ma plotte j’attire les peloteux. Minute, hein?, ma mini jupe deux pouces en d’sous du métro n’est pas un ticket d’entrée pour une ride! On n’embarque pas sans permission. Mais si je mets mon manège en valeur, je m’attends à ce qu’on me demande si on peut faire un tour. Personne ne provoque un viol, mais on peut attirer les packs de loups.

Parce que oui, calisse, boys will be boys! Ça veut pas dire que je les excuses, y m’énervent ça a pas d’sens quand le mononcle cochon leur sort de la braguette.  Pis y’en a deux, trois dont j’ai encore leur pénis astreignant qui me reste en travers de la gorge. Un arrière goût d’urine et de sang qui m’a amené à  développer un sérieux gag reflex et le réflexe de faire des gags. Dans le sourire, on avale plus facilement le terme : j’ai été violée et je l’aurais été même si j’avais porté une burqa.

J’ai été profanée pas tant parce que tous les hommes sont des violeurs latents (dixit ma mère), mais parce que je n’ai pas su fixer ma limite. J’ai dis «Naooon» avec un p’tit rire épais. J’ai monté à la chambre d’hôtel pis j’me suis laissé barouetter, même si je pensais  «Wow, ça va me laisser des marques pas juste sur mon body, ça!» J’ai remballé mes bas de nylon déchirés dans le fond d’une ruelle en me grondant que j’avais couru après pis en me fermant la boîte que j’avais d’écartelée cinq minutes plus tôt.

Bref, le plus grand viol a été commis par moi-même envers moi-même. Je me suis abusée. J’ai été mon bourreau bourrue et bourrée. Je me suis victimisé en me fermant la gueule. Et je sais que je ne suis pas la seule. Quand j’entends certains témoignages, mon sexe m’écœure un peu. Parce que le doigt accusateur, le «Cessez!!» qu’on hurle aux hommes, il faudrait encore plus le tourner vers soi.

Il faudrait apprendre à dire non. Un vrai non. Un «Non!» tonitruant pendant les faits, pas 20 ans après. Faut pas avoir peur de déplaire à notre date en lui refusant ses avances de façon catégorique et incisive. Si ça feel pas correct, c’est que ça l’est. Une nuque forcée mérite une résistance militaire.  Les hommes (dixit les gars à qui j’ai parlé) ne comprennent pas les indices vagues, le langage corporel nébuleux et les non dits.

Fait que là, avant de me lapider l’opinion, sachez que je suis consciente que c’est beaucoup plus complexe que ça, que y’a des méchants malades qui vont virer déviant et agresseur peut importe. Dans leur cas, «Off with their nuts!!»

Bien qu’il faut enseigner à nos fils le respect de l’autre et diluer cette culture du viol qui fait bander la pub et la porn, il faut aussi éduquer nos filles à ne pas tomber dans le panneau de la chair à canon de beauté et les rassurer qu’on peut être violente lorsque violentée.

L’expression qui revient le plus souvent quand les femmes révèlent la perte de leur innocence (et parfois de quelques dents)  est «honte». Honte de s’être laissée faire, de s’être tue. Et oui, elles ont raison. Le silence est honteux. Qui ne dit mot, consent. Fait que, parlez, les filles! Tout de suite quand l’ombre de l’abus se profile sur votre tête à queue. Refusez, Intransigez, accusez, frappez, griffez, ragez,dénoncez. Parlez. Parlez tout de suite. À lui. C’est débandant en ostie une fille en beau tabarnaque, le cell sur le 911. Et parfois, malgré tout ça, une femme pourra pas éviter le viol. Elle aura peur pour sa vie, mais avec un peu de chance, elle s’en sortira avec un respect de soi moins amoché et son assaillant, avec un talon aiguille fiché dans la tempe droite…

My God, une chance que je crois pas en Dieu!

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La religion. D’où je me tiens, on dirait qu’on se met en souffrance au nom de Dieu depuis que le monde est monde. Pis même sur ça, les humains s’obstinent : depuis quand le monde est monde? Pis ce qui me scie le testament en deux, c’est que, dans le fond, les doctrines et les dogmes prônent pas mal toutes la même ostie d’affaire : «Aimons nous pis essayons de pas trop fucker notre société, ok?»

Issue de la queue de la révolution tranquille et du ventre du féminisme, je fais partie de la première batch de « pas baptisés ». Donc, enfant, on a demandé à mon professeur de me faire quitter la classe quand le cours de catéchèse commençait. J’haïssais être suivie des yeux par les autres pendant que je descendais à la bibliothèque. J’me sentais seule, jugée et crucifiée. Quand je regarde ça aujourd’hui, je réalise que mes camarades devaient me jalouser de pouvoir dévorer des Astérix pendant qu’ils marmonnaient le Pater Noster.

Bref, moi, j’tais ben curieuse de pourquoi je pouvais pas faire parti du Club à Jésus. Pourquoi je pouvais pas me déguiser en mariée full meringue pis faire ma communion comme les autres? Tranquillement pas vite, on a eu des cours de morale où j’ai appris que Léo et Léa sont gentils de rendre le portefeuille trouvé par terre. Pis, plus vieille, y’a eu les cours d’enseignement religieux où Ibrahim et Consuela sont gentils d’avoir rendu le fucking portefeuille. Quelque chose dans le genre… j’écoutais pas vraiment. J’étais trop occupée à lire en d’sous de mon pupitre.

J’lisais pas juste des bédés. J’me suis tapée, p’tits bouts plates par p’tits bouts intéressants, la Bible, le Coran, le Testament, la Torah pis Martha Stewart’s Living. J’ai tripé sur les divinités amérindiennes, égyptiennes, grecques, aztèques et celles de Victoria Secret… En gros, j’ai remarqué que plus un peuple avait de déités, plus il était pacifique et plus une religion était monothéiste, plus on était prêt à te pèter la gueule en p’tit martyr de plâtre pour que tu adhère au Dieu unique.

Où est-ce que les convictions chient dans l’eau bénite, c’est quand ça vire extrémiste, quand ça tourne God Zilla. Au nom d’Allah, je t’explose! Au nom de Satan, je te Manson! Au nom du Père, je te pédophile! Au nom de YHWH, je te givre le YWCA! Au nom de Ras Tafari, je te passe le joint. Au nom du ciel, je t’ordonne de faire ta chambre! Toutes ces guerres et inquisitions, tout ce sang répandu, c’est pas de la religion, c’est de la politique, de la « Théocratie tu ne crois pas, tu meurs».

Paradoxalement, même si je suis païenne, je peux vous jurer sur la bible que j’suis judéo chrétienne à m’en faire couler le mea maxima culpa. Je fonctionne aux « J’le mérite pas » pis « Ça va trop bien, j’attends la brique » comme toute bonne québéco-irish. My God, une chance que je crois pas en Dieu, sinon, j’aurais de la corne sur les épaules à force d’autoflagellations.

Anyway, moi, je fréquente l’église de la SOUCHE : la Science Onirique Universelle des Chaos et des Harmonies Éphémères. Et j’ai envie de partager la bonne parole : Live and let live. Love and let love.

Parce que, en vérité, je vous le dis : j’suis p’t’être pas croyante, mais j’ai la foi. J’ai la foi en tabarnak…