Être à l’enfance du déclin.

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Ça y est : je suis officiellement à bord du train en route vers «Gâteuse City». 46 ans, c’est le début de la fin qui sera longue et prospère ou rapide et frustrante. J’ai l’âge où on commence à avoir des petits bobos ou des diagnostique de cancer. J’ai l’âge où on devient «la madame». L’âge où c’est deux fois plus dur de prouver sa pertinence et qu’on est toujours «dans le coup».

Ça fait chier parce que, tant que j’observe pas mon reflet dans la glace ou dans le regard de l’autre, je suis restée collée à 25 ans dans mon crâne. Et au niveau du vécu, j’ai 112 ans, bien sonnés. Mais non. 46 ans. C’est ça que j’ai. Crisse.

«Allez! Tu fais tellement pas ton âge!»,  tètent les cruiseurs, les menteurs et les admirateurs de ma petite personne. Ta yeule. Merci, mais ta yeule. Chaque ride, chaque déchirure, je les porte dans ma face et sur mon corps telles des marques de guerre et des trophées du bonheur.

Toute nue devant mon miroir plein pied, je constate les ravages ainsi que les caresses du temps. Mes petons sont décâlissés par de mauvais souliers à talon aiguilles portés pour faire bander pour rien. Mes jambes sont encore longues et fines, mais y’a quelques veines bleutées qui réseautent ma map. Là, une cicatrice de la fois où j’ai planté solide en vélo et ici, la mémoire d’un moment dont  je veux pas trop me rappeler.

Mon sexe demeure roux… Jamais trop su pourquoi le tapis matche pas les rideaux bruns dorénavant parsemés de fils argentés qui donnent une fausse impression de crédibilité. Pour tout ce que j’ai fait subir à ma vulve, je suis surprise qu’elle soit presqu’aussi belle qu’au premier jour. Mes flancs sont zébrés de quelques batailles et victoires avec le bacon. Mon cul tient bien la route, malgré un léger fromage cottage quand je les squeeze. Mon ventre est un peu rebondi comme une statue grecque avec sa tite bedaine de marbre. Mes seins arborent les preuves d’une efficacité hallucinante d’allaitement où deux poires sont devenues, pendant près d’une année complète, des pastèques qui fuient.

Quand je plis mes bras d’une certaine façon, ça parchemine. Deux grafignes autour de ma bouche trahissent mon combat avec la nicotine. Mon front démontre ma stupéfaction devant la connerie humaine. Et mes yeux? Mes yeux, c’est étrange comme ils renvoient autant ma gaminerie que ma souffrance. J’ai ri. Beaucoup. Mes pattes de joies voisinent mes poches de douleurs. Ils sont beaux mes yeux. On me l’a exprimé 46 ans d’temps.

Et, s’étalant sur mes côtes de gauche, 50 centimètres sur 30, le tatouage d’un Phénix qui a aujourd’hui un an. Il a été gravé là pour me souvenir de ne jamais m’oublier à autrui comme je l’ai fait dans mes vies antérieures…

Tout ça pour dire quoi, à part vous gêner un brin? Ha, oui! 46 ans, c’est savoir. Savoir ce que l’on veut faire du reste de son existence. Savoir ce que l’on ne veut pas, surtout.

Bonne fête à moi…

Bonne fête à moi…

Bonne fête, bonne fête…

Bonne fête à moi…

Je souffle et fais un vœu :

Puissé-je me voir craquer de partout, longtemps. Vieillir, ça veut dire être en vie. Et ça, c’est pas donné à tout le monde.

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