Adieu Plateau, je t’aimais bien…

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T’as fluctué souvent, mon quartier. C’est normal. Depuis que je te connais que t’es en mouvance et je l’acceptais. Mais là, t’es devenu invivable pour moi. Et je dois te quitter.

Bien longtemps après que la grosse femme d’à côté soit tombée enceinte, j’suis née dans tes entrailles et j’ai accouché de même. Plateauzoïde à la vie, à la mort, que je me disais. Oui, t’étais pas toujours beau, mais t’avais ta petite twiste bien à toi. T’étais sexy de la lucarne et t’avais la boutique facile.

Je me souviens que le Théâtre d’Aujourd’hui, en biais de mon trottoir d’enfance était un cinéma porno avec des photos de femmes, la bouche grande ouverte, ayant l’air d’être sur le bord d’éternuer. Je me souviens qu’au Parc Lafontaine, y’avait le Jardin des Merveilles où ça puait la fiente de brebis mal torchées. Je pouvais y passer des heures à manquer perdre le bout de mes doigts. Je me souviens marcher de chaque bord de la clôture de l’École Cherrier en faisant gaffe de m’y empaler. J’y passe encore des fois. Mes jambes devaient être bien courtes pour avoir craint ma défloraison. Oui, j’avais cinq ans et j’habitais avec les crottés et c’était le bonheur.

Je suis partie parfois, malgré moi. Une mère qui s’exile en Ontario. Ou qui me garroche, écœurée de mon adolescence, chez un presque père à Québec. Des études à St-Thérèse. Un époux sur la Rive-Sud. Mais je te suis toujours revenue. Parce que je t’aimais inconditionnellement. Tu étais le plus confortable, le plus cool, le plus fait pour moi. Le Plateau, c’était le gratteux de guitare francophone hipster avec le cœur qui bat à gauche. Ça sentait le cannabis, le café torréfié et la bière à l’hibiscus.

Je parle au passé, mon amour, parce que t’as trop changé et pas de la bonne manière. Je pouvais tolérer que tes loyers montent comme une pute augmente ses tarifs parce qu’elle devient la favorite du bordel. Je pouvais accepter que les poussettes soient de plus en plus remplacées par des chiens en laisse. Je pouvais absolument comprendre que la langue parlée sur mes trottoirs passe du québécois-hippie à l’anglais-professionnel au français-émigré.

Mais tu t’es laissé aller en devenant obèse du condo laitte. T’as viré boutte pour boutte le sens de tes rues avec une espèce de haine des chars qui dépasse l’entendement.  Tes vignettes prolifèrent  comme des punaises qui sucent l’espace et tes parcos sont si affamés que y’a plus personne qui peut nous visiter. L’hiver, tu es devenu impraticable avec ta neige qui s’empile en châteaux de glace au Carnaval du gratte-cenne.  Tes restos ont tant de difficulté à payer leur pignon qu’ils doivent me vendre leur bouffe trente piasses pour un évanouissement de tartare servit sur une planche à découper en concept branché de marde.

D’ailleurs, parlons-en de tes commerces.  Qu’est-ce qui t’arrive? T’es devenu fou ou quoi? Ton épicerie fine a fait place à un Subway. Ta boucherie sympa est maintenant un Tim Hortons. Ta friperie est remplacée par un Starbuck. Ouache! J’ha-guis ton nouveau look. Parce qu’en plus, tu te négliges aussi la façade à l’abandon. Tu t’es vu le nombre de portes condamnées? Du papier kraft en guise de rideaux dans tes vitrines avec «à louer» comme un furoncle sur le coin de chaque intersection. On dirait que tu t’en calisse de ce que tu as d’l’air! Tu commences même à faire de la calvitie de la terrasse. Ça fait chnu rare! T’es plus un quartier, t’es un squeegee sur le meth qui quête des 25 cennes avec une main crasseuse qui shake. Merde, Plateau, t’es en pleine déchéance. Qu’est-ce qui t’arrive?

Bref, je me barre. Je ne sais pas si je vais vers un monde meilleur, mais je ne peux souffrir de te voir agoniser de la sorte.

Tu te meures, Plateau Mont-Royal. Le sais-tu au moins? Le vois-tu? Révolte-toi! Je sais que tu t’es matché avec un gars qui a le cerveau en guidons de bicycle, mais quand même! Oui, lui, je le déteste de t’avoir défiguré de façon irrémédiable. Un maire de tous les vices. Je vais taire son nom. Mon père m’a bien appris que c’est pas bien de prononcer «the F word».

Repose en paix, mon quartier. Tu vas me manquer. Merci pour ces belles années. Si un jour tu te reprends en main, peut-être reviendrai-je me lover en haut d’un de tes escaliers si particuliers.

Espère-moi, mais ne m’attends plus. J’ai trouvé un nouveau code postal qui me comprend, moi et mes besoins.

Bisou. Adieu. Bonne chance avec l’autre trouduc.

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101 réflexions sur “Adieu Plateau, je t’aimais bien…

  1. La vraie gang de Québec Solidaire!!!

    Les bobos du Plateau existent, en voici la preuve

    29 octobre 2014
    http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2014/10/29/003-stereotypes-bobos-plateau-mont-royal-montreal-donnees-statistiques.shtml

    Bobo : nom et adj. « Personne d’un milieu aisé, jeune et cultivée, qui recherche des valeurs authentiques, la créativité. Acronyme : bourgeois bohème. »

    1. Un quartier jeune?
    2. Un quartier d’artistes?
    3. Un quartier d’universitaires?
    4. Un quartier de cyclistes et de piétons?
    5. Un quartier de célibataires?
    6. Un quartier peu religieux?

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      1. Je vis sur le plateau depuis toujours, mais il devient vraiment invivable. J’habite sur la rue Messier, et je viens d’avoir un accroche porte à ma poignée d’entrée disant que notre « cher » maire a décidé de prolonger la zone de stationnement avec vignette, m’obligeant quasiment à acheter cette maudite vignette…j’ai une moto, et comme on le sait une moto au Quebec, c’est du plaisir pendant seulement 6 mois et ce « … » veut que j’achète une vignette pour l’année!!!! Je vais résister mais jusqu’à quand…jusqu’à ce que je craque de tourner en rond pour trouver une mini place pour me stationner…et que je finisse par être tellement tannée de ces conneries que je déménagerai…et merde!!!! Et après, ça va chialer que le plateau n’est peuplé que de bobos de merde qui te regarde avec condescendance et supériorité….
        Tu as eu tellement raison d’écrire cette lettre….
        Merci…:)

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  2. Je suis hélas, malheureusement tellement en accord avec ce texte. Je vis dans le Plateau depuis plus de 10 ans avec mes 2 enfants. Monsieur le maire Ferrandez pour qui j’ai déjà voté me rend maintenant la vraiment MISÉRABLE.

    Les sens uniques sont ridicules. Ils défient toute logique. Et chaque jour, je vois une dizaine d’autos rouler dans le mauvais sens sur ma rue. (Je prédis d’ici quelque mois un accident grave…) Plus moyen de rentrer chez moi. Mes parents et amis n’on plus envie de venir nous rendre visite tant c’est rendu compliqué. Ils ne se sentent plus les bienvenue…

    Je dépense de l’essence à tourner en rond pour entrer chez moi ou sortir du Plateau (désolé, oui, je le confesse, j’ai une auto et c’est très utile quand je donne un lift à 4 ados du Midget qui jouent pour l’équipe de hockey que je coache et qui ont une grosse poche de hockey qui pue et que je ne peux porter sur mon dos). Bravo pour l’écologie!

    Je regarde avec désolation mon Plateau qui se vide de ses commerces, les locaux à louer se multiplient, les taxes grimpent. les frais de stationnement aussi. Je vois le petit coin de paradis que s’est fait « mon » maire autour de sa résidence devenue un petit ilôt protégé de tout trafic (les privilèges d’être maire!) et je rage…

    Alors, parlez des bobos si vous voulez mais soyons honnêtes, le Plateau n’est plus un endroit où il fait bon vivre.

    Monsieur le maire, je vous invite quand vous voulez à monter à bord de mon auto pour sortir de votre royaume…mais j’espère que vous aurez tout votre temps…

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    1. C’est dommage que parents et amis doivent absolument prendre la voiture pour venir vous voir. Moi, quand mes parents viennent me voir, ils laissent leur voiture au métro Longueuil. Et personne ne chiale. En fait, on pense aussi aux centaines d’Indiens qui meurent de chaleur, aux Chinois qui ne savent pas ce qu’est une étoile et on se dit  » fuck, faut changer nos comportements, les nombrils que nous sommes détruisent réellement tout. »

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    2. Amen! … Et pendant que sa sainteté écolo pédale, nous réchauffons son royaume de nos émanations en faisant du sur-place! J’aimerais pédaler. Mais passer de Repentigny au plateau, à Rosemont, à st-hubert, à ville St.-Laurent, à ville -Marie dans la même journée, car c’est mon métier… ça prendrait des foutus mollets! Entre-temps, après un hiver trop froid, cette journée de canicule vous sera offerte en partie par votre maire. Celui que vous avez élu!
      À majorité…

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    3. Sans oublier le fait que Ferrandez avais promis, y’a déjà quelques années, de remédier au nouveau problème de circulation dense déviée vers la rue Chambord (direction sud), entre St-Grégoire et St-Joseph*, quand ils ont inversé le sens de Christophe-Colomb entre St-Joseph et Laurier. Ça pue l’improvisation depuis le début.
      http://tinyurl.com/ph2x486

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  3.  »un gars qui a le cerveau en guidons de bicycle » Ah! Je ne le verrai plus jamais autrement… Le plateau, les flèches changent tellement souvent au coin des rues que même Daniel Boon en perdrai le nord. Après 23 ans j’ai quitté moi aussi et je fredonne:

    Adieu le plateau je t’aimais bien
    Adieu le plateau je t’aimais bien tu sais
    Mais je prends le train pour la banlieu
    Je prends le train qui est avant le tien
    Mais on prend tous le train qu’on peut…

    C’est toujours un plaisir de vous lire.

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  4. J’ai trop eu envie de répondre. Oui, Madame la masquée, vous avez le verbe haut et fier, la formule qui tue et la phrase qui scie. Mais sur quelle planète vivez-vous au fait ? Vous semblez connaître votre ex, Le Plateau. Saviez-vous qu’il est un des quartiers les plus densément peuplés au Canada ? Alors oui, la troisième voiture ça ne le fera pas. Même la première c’était compliqué. Alors le maire de votre quartier a décidé de remédier au problème, parce que oui, il en recevait des chiées de plaintes de gens qui prenaient une heure pour se parquer après le travail. Et qui passaient l’heure suivante pour marcher jusqu’à la maison. Les fameuses et conspuées vignettes. De plus : les rues étaient devenues de véritables pistes de courses pour tous ces gens qui partaient de la banlieue pour se rendre au centre. Exaspérés, ils circulaient à 70 dans des zones de 30… et vos enfants, qui sont tellement plus nombreux que vous le pensez que leurs parents peinent à leur trouver une place à la garderie et dans les écoles du quartier, et bien oui, ces enfants se faisaient frapper en rentrant à la maison. Alors le maire a fait ce que les maires de toutes les grandes villes de la planète font (au fait étiez-vous déjà sortie de ce quartier avant votre transhumance ?) : il a limité la circulation automobile. À Londres il en coûte environ 15$ par jour pour entrer au centre, à Paris on ferme les autoroutes sur les bords de Seine, on a installé un système des feux de circulation qui contrôle les entrées lorsqu’il y a trop de voitures au centre. Je continue ou je vous laisse prendre l’air du temps par vous-même ? Oui, la densité des villes est un phénomène qui doit sa raison d’être à ces trop nombreuses grosses femmes d’à côté qui ont été trop enceintes… En passant comme ça, ce ne sont pas les gens de Park Extension qui ont réélu le maire du Plateau à plus de 70% lors des dernières élections.

    Les commerces traditionnels ferment, sont remplacés par des chaînes moches et poches. Bien d’accord avec vous, ça tue l’ambiance. Mais qui est à blâmer d’après vous ? Le maire encore et toujours ? Ce n’est pourtant pas lui qui possède ces multiples locaux commerciaux. Et quoique vous en pensiez, il n’est pas assez à gauche de l’échiquier politique pour avoir un droit de regard sur les baux commerciaux. Non, les proprios, on les a importé d’Italie. De la Sicile plus précisément. Ils sont allés voir ces grosses femmes d’à côté, fatiguées d’avoir été trop enceintes, et leur ont proposé trois timbres GoldStar pour acheter cette plaie qui leur prenait tout leur temps. Le boucher et le gérant de la friperie ne pourront jamais dire publiquement pourquoi ils ont fermé boutique 15-20 ans plus tard, pourquoi ils sont partis sur la rue Jarry. Plus facile de dire que ce sont ces sales parcomètres. Mais en fait, quand ton mafieux de proprio te dit que ça doit être une petite mine d’or pour toi de vendre tous ces petits rôtis du roi et ces brochettes au romarin, et qu’il veut doubler, non, finalement, tripler ton loyer. Et puis, parce que ta petite mine d’or n’est peut-être pas si brillante, qu’il va aussi te demander, ton mafieux de proprio, une petite caution de 15-20 000$ on-sait-jamais… qu’est-ce qu’il te reste à faire penses-tu ? Est-ce que tu vas en plus faire la folie de dénoncer le crosseur millionnaire ? Non : tu as encore besoin de tes deux jambes pour le déménagement.

    Et le maire du Plateau, qui qu’il soit ou sera, ne peut quand même pas être tenu responsable de la déconfiture économique de toute la ville de Montréal. Les Dix30 et autres patentes banlieusardes (où vous déménagez peut-être Madame masquée ?) ont détruit le concept même du centre-ville, de l’agora, du lieu de rencontre. Nous vivons une époque, formidable ou non, où oui les choses changent, se transforment. Et sur ça, vos ancestraux amis, ces clochards célestes et autres gosses de grosses n’y peuvent rien de rien. La vie, il faut la prendre comme elle vient, arrêter de regarder par derrière son épaule et voir au loin ce qui se profile. Des fois que ce serait joli.

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    1. Merci pour cet angle. I stand scolded. Je parle avec mon coeur, avec ses élans démesurés et, vous savez monsieur, qui suis-je sinon une crisse de folle? Merci de m’avoir lue. Ne m’en veuillez pas trop de vous avoir choqué. Vous avez raison, bien sûr… et j’ai les miennes…

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      1. Le commentaire de Monsieur Babin est noté, mais en tant que résident de Montréal depuis 25 ans, je ne suis pas d’accord avec les changements que M. Ferandez a apporté à la circulation. En tant que cycliste, les labyrinthes comme la rue Laurier c’est l’enfer et c’est dangereux pour tout le monde. Rajoutez les skates sur la piste au lieu de mettre vos culottes et les proscrire. Non M. Ferandez n’est pas responsable de tout les problèmes, mais l’administration (à défaut d’un mot plus approprié ) de la Ville, est entièrement responsable du bordel inimaginable qu’est devenu Montréal. Je quitte la ville dans 3 jours et pour de bon. Bonne chance.

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    2. Monsieur Babin,

      J’ignore sur quelque planète vit madame La Masquée. Par contre je peux vous dire sur quelle planète moi je vis: le Plateau Mont-Royal: j’y suis né, j’y vis depuis 62 ans (moins un intermède de 6 mois en campagne), j’y ai élevé 3 enfants, horreur j’ai une auto depuis le début de mon âge adulte, mais rassurez-vous cependant monsieur Babin, je circule surtout à vélo, même si je dois là encore avouer un crime de lèse bien-pensant: je ne prends pas mon vélo en hiver! Donc en bout de ligne, peut-être n’ai-je aucune disposition particulière pour parler du Plateau, mais pardonnez mon impertinence, je vais quand me commettre.

      Ceci étant dit, je dois avouer que je retrouve beaucoup plus le Plateau que j’ai connu, et que je connais, dans les propos de madame LaMasquée que dans les vôtres. Je ne m’amuserai pas à déconstruire tout ce qu’il y a à déconstruire dans vos propos.Je vais retenir seulement 2 ou 3 choses:

      1- quand on écrit un article qui se veut sérieux, c’est ce que vous avez voulu faire je crois, on évite des erreurs qui ressemblent à de la désinformation: « …qui ont réélu le maire du Plateau à plus de 70% lors des dernières élections.. » ! La vérité: le maire Ferrandez a eu une majorité absolu, plus de 50 % c’est vrai, mais nous sommes loin du « …plus de 70% ». On pourrait ajouter que ses résultats liés au taux de participation fait que en résultat de population (et non de votants) lui donne un appui qui tourne plus près de 30 %. Certes, on dit , avec raison, que ceux et celles qui se plaignent et qui ne vont pas voter ont tort. Mais tordre la vérité est un tort encore plus grave selon moi.

      2- J’aimerais que vous fournissiez vos statistiques concernant les « …enfants frappés en revenant de l’école. Comme soulignez plus tôt, mes 3 enfants ont grandi dans ce dangereux quartier et devaient
      même traverser durant leurs années au primaire, jamais eu connaissance d’accidents (en passant merci a tous les brigadiers scolaires). Certes il y a certainement eu des accidents, un seul est un de trop, mais
      il faudrait pouvoir consulter des chiffres réels et véridiques afin de les comparer avec les autres arrondissements avant d’étiqueter le Plateau comme un quartier « no children’s land »

      3- Comme avouez plus tôt, je possède une auto depuis mon âge adulte, donc depuis 44 ans. Et en
      44 ans le temps pour me trouver un espace de stationnement (si l’on fait exception des jours de passage de la souffleuse en hiver) varie de quelques secondes à une minute 99% des fois (disons , marge d’erreur de 2 %, 19 fois sur 20 !) Ma théorie personnelle, et ça ne demeure qu’un théorie, serait
      que c’est plutôt (en majorité, mais pas uniquement eux ) les nouveaux arrivants banlieusards, habitués à se garer directement chez eux ou juste devant leurs portes, qui se plaignent de ne pas retrouver le même bonheur de stationnement dans le Plateau. Et vive la vignette !

      Michel Pauzé

      N.B.: j’ai écrit il y a quelques temps, un article plutôt long (5 ou 6 pages) sur le sujet « Plateau et l’administration Projet-Montréal ». J’ignore si une telle longueur est bienvenue sur ce site, si oui, il me fera plaisir de le faire parvenir.

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      1. Monsieur Pauzé, merci.Je ne sais pas si un article de six pages est bienvenue (c’est long en titi), mais si vous avez un lien pour qu’on puisse s’y rendre et vous lire, alors oui, bien sûr, oui! 🙂

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      2. Tellement d’accord avec vous. J’habite le Plateau depuis 83, et ma maison est à vendre, pour les même raisons. Un tel gâchis, c’est d’une tristesse à mourir. Votre article me rend mélancolique d’une époque révolu. Le fait que vous ressembliez à une jeune et magnifique Fanny Ardent ne fait qu’accentuer ce sentiment nostalgique.

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    3. Trois petites choses, M. Babin, au sujet de votre commentaire:
      1. L’actuelle administration a complètement dénaturé (j’allais écrire travesti) le concept des vignettes SRRR. À l’origine, celles-ci étaient installées à la demande de citoyens qui avaient de la difficulté à ses stationner (demande qui devait être validée par un sondage réalisé dans le quartier). Ce n’est plus le cas. Les vignettes sont maintenant imposées par l’arrondissement pour a) aller chercher de nouveaux revenus et/ou b) faire suer les automobilistes.
      2. Quand on tente de convaincre quelqu’un de la justessse de son point de vue, les traiter de con (ou de conne) n’est pas recommandé. Et, franchement, vos commentaires de type «Mais sur quelle planète vivez-vous au fait?» et «étiez-vous déjà sortie de ce quartier avant votre transhumance?» en sont l’équivalent.
      3. Vous réalisez que Mme Masquée ne se plaignait pas, en son nom, des difficultés de stationnement? Comme elle l’a écrit, elle n’a pas d’auto.

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      1. Merci de prendre ma défense, chevalier Snyder… Ça me touche. Je suis sûre que monsieur Babin a écrit avec son coeur, lui aussi. Et ne cherchait pas à m’insulter. Il ne voit pas les choses de la même façon que moi, s’est senti insulté par mon texte et s’est laissé emporter.

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    4. Je vais totalement dans le sens des propos de M. Babin… Votre très belle lettre va dans le sens des lamentables âneries des anti-Ferrandez qui attribuent tous les changements sociaux désolants qui s’opèrent dans le quartier au maire… Vous dites que vous écrivez avec votre coeur mais j’ai plutôt tendance à penser que vous écrivez avec vos pieds… Désolé pour vous que vous ayez à changer de code postal et j’espère que vous n’habiterez pas désormais sur Ste-Catherine Ouest, car vous souffrirez alors de la congestion automobile, de l’abondance de chaînes commerciales et de la pollution dont M. Ferrandez sera encore une fois le grand responsable…

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      1. Heille. Vous avez deviné direct ma nouvelle adresse, monsieur! C’est tellement là que je m’en vais! Bon. Vraiment, je suis heureuse que monsieur F. ait ses suporters. Il le mérite. Il a travaillé fort pour ça. Moi. Juste moi, votre humble nobody in the fucking world, je pense le contraire. C’est tout. Don’t get your panties in a bunch.

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    5. (1) Il me semble que ce texte (Bravo chere auteure masquee) est un reflet du nouveau quotidien du Plateau et non de la ville, toute entiere, de Montreal.

      (2) Le maire du Plateau n’est pas responsable de la « deconfiture economique de toute la ville de Montreal », mais du Plateau et que oui!!!!

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    6. Bonjour
      Des autos à 70 km/h? …vraiment?
      Mais je vois des vélos qui sont les nouveaux héritiers des zozos que vous pourfendez: les vélos ne respectent pas le code de la route. Ils roulent en sens inverse: mon chien a failli y passer car j’avais checké du sens des autos et je n’avais pas prévu qu’un vélo venait à haute vitesse, il ne pouvait pas voir mon chien au niveau des autos stationnées. Une poussette aurait eu le même destin. (rue fabre)
      Ils ne s’arrêtent jamais aux arrêts. Même quand en vélo, je m’étais arrêté et des piétons traversaient. Les piétons ont eu failli y passer, car ces connards m’avaient doublé et leur fonçaient dessus!!! (intersection Lanaudière avec Marie-anne)
      Voilà des exemples vécus, car je en sais pas si vos banlieusards avides de viande à bumper existent vraiment.

      Ça faisait 8 ans que je vivais dans ce quartier, je viens de finir de payer mon condo.
      Plus de 10 condos sont en vente dans mon paté de maison.
      Je veux aussi m’en aller.
      Je veux vivre avec les gens et pas contre les autres.

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    1. À Mony, attention de pas te faire faire briser des vitres par des nanars anti-gentrification pour lesquels tu n’est qu’un sale bourgeois envahisseur, là! Leurs Le Belle Province et leurs pawn shops, c’est qu’ils y tiennent mordicus! 😉

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  5. Une fois qu’on quitte le plateau, on respire, on vit! J’y retournais parfois pour faire les terrasses et les boutiques… Plus maintenant! Je vis toujours sur l’île mais j’ai un terrain. mes Amis aiment nous rendre visite. Mes enfants jouent dehors ! Pas à côté d’amoncellements de débris! Le plateau n’est pas le centre du monde! Pour ma part, notre famille est beaucoup plus heureuse depuis qu’elle n’y est plus! 🌺

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  6. Ce matin, j’ai traversé le Plateau pour la dernière fois dans l’heure de pointe. J’ai vendu ma maison, entre autre parce que je n’en peux plus de me taper la congestion de la rue St-Denis à l’heure de pointe. J’ai besoin d’une auto pour mon travail. Je suis passée de 20 à 35 minutes pour faire le même trajet.
    C’est ridicule. J’habite en ville pour justement ne pas perdre de temps en transport.

    Je vois aussi, de plus en plus, des véhicules d’urgence prendre St-Denis à l’envers parce qu’ils ne réussissent pas à passer rapidement dans les voies régulières. 2 fois cette semaine.
    C’est dangereux et totalement irresponsable.

    J’étais une habituée de la rue Mont Royal, mais c’est devenu tellement compliqué de stationnement et d’y circuler que j’ai cessé d’y aller depuis 2 ou 3 ans.
    C’est triste, surtout pour les commerçants qui ont vu leur clientèle disparaitre.

    J’ai passé 40 ans de ma vie dans la Petite Patrie. Un quartier que j’adore et qui est devenu depuis l’arrivée de Fernandez, le nouveau Plateau. Les boutiques spécialisées qui ont disparu de la rue Mont Royal, réapparaissent tranquillement sur la rue Beaubien. Je n’ai jamais vu autant de monde circuler à pied, sur les rues du quartier.
    C’est super…

    Chère auteure masquée, tu y ferais tes marques rapidement, en autant que tu ne doive pas passer par le Plateau, à tous le jours, pour aller travailler.

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  7. J’y suis né et j’y vie encore… toujours à quelques rues de mon école primaire et de la porte où j’ai grandi. On a tellement voulu être cool, qu’on a oublié notre beau Quartier. J’en ai vu des boutiques et restos ouvrir et fermer en 35 ans, mais Saint-Denis n’a jamais eu une aussi mauvaise gueule, sans parler du reste. Notre Quartier est rendu si cool, qu’on ne se sent plus chez-nous.

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  8. Hé bien ! moi, je suis de plus en plus heureux de vivre sur le Plateau. J’y suis depuis près de 30 ans, non pas pour y spéculer mais pour y résider. Enfin, un partage plus équitable entre les autos, les vélos et les piétos. L’avenue Laurier Est : un véritable bijou d’aménagement urbain mais pour l’apprécier à sa juste valeur, il faut juste descendre de son piédestal roulant. Bonne chance dans votre mutance urbaine.

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    1. Je vais essayer d’être bref.

      Le commentaire de M. Boulanger, m’amène une réflexion. Si on en croit plusieurs personnes (et pas nécessairement M. Boulanger), en particulier des partisans et des zélateurs de M. Ferrandez, le Plateau devait être une enfer avant son arrivée comme maire !

      Et pourtant, à partir la in des années 1980 et surtout les années 1990, tout le monde voulait
      venir vivre sur le Plateau. À un tel point que le prix des maisons et le prix des loyers s’est envolé au-delà du raisonnable.. Les gens qui partaient le faisaient plus souvent qu’autrement par obligation. Jamais on entendait autant de gens désirant en partir que depuis 4-5 ans. Et en 62 ans de vie sur la Plateau, j’en ai vu des gens ! Mais 4-5 ans, n’est-ce pas, grosso-modo, l’arrivée de M. Ferrandez au poste de maire ?

      Je prends pour exemple la rue Laurier entre deMentana et Papineau: quels changement y ont été apporté depuis ces 4-5 ans pour en faire un bijou d’aménagement urbain.

      1er- l’inversement de sens sur la rue Christophe-Colomb. Conséquence, une pollution aggravée par
      le quasi stationnement permanent qu’est devenu la rue Laurier aux heures de pointe.

      2- des saillis à plusieurs coins de rue:peut-être que cela deviendra beau un jour, pour l’instant au coin de Garnier, c’est une litière à chiens (j’avoue que le manque de civisme des citoyens, est un autre sujet).
      La question est de savoir cependant, quand on manque de sous pour ramasser la neige adéquatement est-ce une priorité (faudrait demander aux personnes âgées et aux personnes à mobilité réduite qui doivent se déplacer à pied ?). Et de plus, on parle ces jours-ci d’en refaire certaines qui ont été fait il y a 2 ou 3 ans !

      3- Dernier changement, la piste cycliste. Aux dires mêmes de nombreux cyclistes aguerris, elle est hyper dangereuse, car sa portion ouest-est est à sens inverse du trafic et des autos stationnées.

      Qui suis-je pour parler de cet endroit?

      1- J’i habité sur Laurier entre Garnier et abre pendant 5 années au milieu des années 1970
      2- Quand j’ai déménagé, je me suis retrouvé sur Brébeuf face au Parc Laurier, où je réside depuis 39 ans. Et donc je fais toutes mes courses sur cette portion de la rue Laurier (par choix, je préfère encourager le commerce de proximité, même si parfois il m’en coûte quelques sous de plus) et je le n’ai pas à descendre de mon piédestal roulant, car plus souvent qu’autrement mon piédestal est celui des humains, ce qu’on appelle vulgairement des pieds et parfois de mon vélo.

      Alors quand j’entends qu’avant Ferrandez c’était l’enfer et que M. Ferrandez nous a apporté le paradis, il y a des fois où je me demande si l’enfer ne serait pas un bon choix.

      Ert merde, je n’ai pas réussi à e^tre bref.

      Michel Pauzé

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      1. J’ai oublié: cela fait 9 ans que je travaille sur la rue Laurier dans le segment Brébeuf/Papineau.

        Donc parlant de la rue Laurier, après plus de 40 ans d’y vivre, je crois savoir de quoi je parle.

        Excusez pour les erreurs dans l’envoi précédemment, je doit partir travailler et je fais vite, sans me relire.

        Michel Pauzé

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  9. J’ai deja habité le plateau (25 ans) et travailler sur le plateau aussi (15 ans) et j’y suis partis a temps, je suis retourné quelques fois pour restos ou magasinage et ce n’est plus allable! Les rues c’est l’enfer, le stationnement et vignettes c’est l’enfer etc…… Non merci ce n’est plus pour moi, a moins d’etre obligé d’y aller sinon j’évite! Vive Rosemont Petite-Patrie qui s’en vient de + en + beau et que dire de le rue Beaubien qui s’embellit de jour en jour… Adieu plateau! 🙂

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  10. Je suis en ce moment même assis sur un bac à fleur dans la ruelle de la Mennaie au coin de Fabre. Après avoir lu l’article je suis parti (en Bixi!) me rendre compte en marchant le quadrilatère St-Hubert-Guilford-Fabre.
    C’est épouvantable.
    Au milieu du vacarme des oiseaux j’ai compté (est-ce un hasard exceptionnel?) pas moins de quatre (4!!) femmes allaitant sur le pas de leur porte, une tenant un stand sur la rue Mont-Royale bondée (c’est la foire piétonnière). J’ai aussi vu une femme en hidjab avec sa poussette et une fillette d’une grosse huitaine d’années vient de passer en chantant.
    J’ai aussi vu trois nouveaux petits commerces sans stationnement ni grands panneaux réclames. Ils sont difficiles à voir et on me dit qu’ils sont le repère de quelques hipsters ultra-orthodoxes qui font leur propre kombutcha (je sais même pas ce que c’est).
    Finalement, grace à des articles comme celui-là, on peut heureusement être sûr d’une chose: les gens qui arrivent ici pour s’établir et fonder une famille le font en toute connaissance de cause, quelque soit leur couleur ou la sonorité de leur accent, ce qui devrait garantir la réélection des gens au pouvoir, à bien y penser, merci!
    La même chose devrait se faire part de tous uns chacuns; on arrêterait peut-être de se plaindre de l’hiver ou des Libéraux, on aurait peut-être des voisins plus impliqués…

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    1. Han? La diversité culturelle et une femme qui allaite est la plus belle chose au monde! Si j’ai par mes écrits semblée dérangée par ça, je m’en sens complètement chamboulée! C’est pas les gens qui vont et viennent autour de moi qui me font partir. Ils sont magnifiques les toutes sortes de monde! C’est la perte de la jouissance d’un bon vivre. Je parle d’administration ici, man.

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  11. J’ai quitté le plateau il y a 8 ans après y avoir rester et travailler pendant 31 ans. J’ai choisi Hochelaga-Maisonneuve et j’en suis fort heureux.

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  12. La ville de Montréal, telle un organisme vivant est un assemblage interdépendant d’organes, de membres, muscles, os… Etc. (Les arrondissements, services centraux, régies et autres) . Cet organisme vivant souffre des conséquences particulières d’une mutation contre nature, en effet, nous sommes en présences d’un monstre aux multiples cerveaux travaillants dans de multiples directions différentes, sans aucune coordination. En étouffant le plateau, le cerveau local ne rend service a personne. Faire fuire les commerces locaux, antagoniser une portion de la population, ne sont la que quelques conséquences visible de la déconexion des besoins réels de la totalité des citoyens de son arrondissement. Les mandats premiers d’une ville sont de fournir des services adéquats à la population, qu’on se le dise. L’eau potable, l’élimination des aux usées et des déchets, un réseau de rues en bonne état, bien dégagé l’hiver, des services communautaires, etc. Cette ville s’en va dans toutes les directions en même temps, tout en négligeant je crois sa raison d’être principale. Le rêve utopique d’une ville sans voiture ne peut s’adapter à notre réalité nord américaine. Au cas ou on ne l’aurait pas encore remarqué, l’offre de service en commun locale, régionale et nationale ne peut tout simplement pas répondre aux besoins.

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      1. j’ai vécu sur le Plateau de fin ’97 à début 2003. J’ai trippé raide. J’t’ai peut-etre croisée. J’y retournerait moi. Tsé j’ai vécu dans 4 autres pays avant et apres faique on comprendque les choses changent. J’ai grandit à Aylmer (Outaouais). Je suis revenu ya 6 ans et je me suis installé dans le Vieux-Hull (si tu connais l’Outaouais tu connais le Vieux-Hull!!). Ce quartier aussi a changé et change encore mais too bad! Je m’y fait en masse. le Plateau came dérangerait pas pantoute! Ciao ma belle!

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      2. Good for you, Colin! Je connais bien Hull. J’y revivrais pas, non. J’vais peut-être y retourner au Plateau un de ces jours… Faut pas prendre à la lettre les échos d’une crisse de folle, tu sais. 😉

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  13. Je crois que le Plateau est victime de son succès. Le plateau que vous décrivez était le quartier qui était encore  »populaire ouvrier », encore avec des racines de classe moyenne et pauvre. Il a été le premier quartier a être  »coolifié », cela n’existait pas trop avant. Il a été le premier à défricher le terrain, donc la force de transformation a été énorme. On verra aussi un changement et gentrification dans les autres quartiers comme Hochelaga mais pas aussi fort que ce qu’a vécu le Plateau.

    Pendant des années les artistes et intellos cohabitaient avec les locaux et arrivaient a maintenair les prix du loyer bas, le plateau était cool, mais pas encore hyper connu, mais la gentrification était en marche. Les jeunes artistes ont vieilli et les professionnels sont arrivés après. Néanmoins il y avait encore une saveur locale, une vie de quartier naturelle.

    Début des années 2000, début de la folie : tous les médias se sont donné à coeur joie lorsqu’un magazine de design américain ( Wallpaper magazine) a consacré le Plateau le quartier le plus cool d’amérique du nord. Faut dire que personne avant pensait que Montréal pouvait être cool, on était pas habitué. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé a voir des touristes dans les bars locaux que je fréquentais. Le plateau et ses adresses faisait maintenant parti du circuit de Lonely Planet. J’éxagère un peu , mais je n’avais jamais vu quelqu’un parler anglais a l’est de st Laurent avant, donc voir un touriste était bizarre pour moi. Après les touristes les anglos du ROC ont découvert le quartier et s’y sont établis. Puis les français. Tout ce beau mélange fait augmenter les prix du loyer. Donc, sort de l’ironie, maintenant au lieu de voir le café du coin bio et équitable ( la raison même pourquoi les artistes vivent dans le plateau) on voit un Starbuck ( ce qu’ils détestent le plus). Les loyers de boutique sont innabordables et seules les grandes chaînes peuvent louer.

    Aujourd’hui je vais au marché du coin, dans la file j’entend une converation en anglais entre deux filles hipster, des étudiantes en art à McGill j’imagine. Plus loin dans la rue un groupe de français jeunes branchés reviennent du Parc Lafontaine. Arrivé au parc je constate qu’ils organisent maintenant des tours guidés, je vois les touristes caméras à la main exactement à la même place ou on cuvait nos bières hier soir. Ça me fait penser que le parc Laurier lui aussi est devenu un Disney land pour jeunes  »expats » à chaque soir. Je me demande ou sont passé les locaux.. Ah oui merde ils ont déménagé.

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    1. A peu de choses près, je trouve que ce texte fait une brillante description de l’évolution du Plateau

      Pour y vivre depuis 62 ans, j’ai vu cette évolution. Un quartier change c’est certain et c’est normal. Mais il peut changer pour évoluer ou pour régresser. Et le nouveau Plateau ressemble plus au 2e.

      Le Plateau que j’ai connu et que j’ai aimé est celui effectivement ou artistes et monde ordinaire se côtoyait avec plaisir, comme les mieux nantis et les moins nantis, le camp du oui et le camp du non en 1995 (sauf quelques exceptions des 2 bords) où le Divan Orange (ou autre lieu culturel du même type) était une fierté et non un problème, où les partys du terrain de pétanque du Parc Laurier (ou autres loisirs et autres lieux) étaient une couleur du quartier et non un dérangement. Et je pourrais continuer ainsi encore longtemps.

      Beaucoup de gens ont acheté cette image du Plateau durant les années 1990. Puis est arrivé les acheteurs du nouveau siècle (souvent en provenance de la banlieue) qui aimait cette image en oubliant de lire le contrat de quartier jusqu’au bout: le Plateau est un quartier adjacent au centre-ville avec tout ce qui vient avec en particulier, des humains !

      Des fois , on dirait un nouveau couple où un des membres du couple dit à ses amis concernant son nouveau conjoint(e): je l’aime comme un fou (une folle), je vais tout faire pour le (la) changer !

      Quel amour !

      Michel Pauzé

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  14. Je suis atristé de constater que c’est la vériter. J’habite Sherbrooke depuis 4 ans et j’ai été élever sur le plato. À chaque fois que je reviens, je constate que se quartier n’est plus se qu’elle était. Les condos, les locaux vide et à louer et les oneway qui font @#*&%. Ce quartier était le mien et le votre, n’est que l’ombre de se qu’il a dëja été.

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  15. Ce que m’étonne toujours c’est qu’il y a tellement de quartiers laids et mal développés à Montréal et beaucoup de raisons pour s’échauffer de leur développement (exemple Griffintown). En entent-on parler quelque part? En lit-on des commentaires dans les forums? Non, c’est toujours le Plateau et le son maire qui sont tirés dans la boue!

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      1. Tel que souligné plus tôt, j’ai déjà écrit un texte de 5 pages concernant le Plateau et son maire. J’ai donc trouvé une page facebook (je suis personnellement pas « facebooké » pour l’instant du moins.) où j’y ai mis la dite lettre. Pour toutes personnes intéressées, s’il y en a, voici le lien:

        Il y a aussi le lien pour la page facebook elle-même:

        https://www.facebook.com/pages/Pire-maire-du-Plateau-Mont-Royal/1411183679181380?fref=nf

        Juste pour mettre en contexte, cette lettre fait suite aux premières mesures du maire Ferrandez pour « apaiser » (quel euphémisme pour dire changer le problème de place !) la circulation, soit fin 2011, début 2012. Cette lettre se voulait une réponse au mépris affiché par M. Ferrandez et son administration face à ceux et celles qui dénonçaient ces mesures. Au moment de la rendre publique, après l’avoir fait contresigné par près de 100 personnes, est arrivé la crise étudiante et j’ai jugé inutile de la publier dans ce contexte (ce qui m’a valu des critiques acerbes de plusieurs de ces 100 personnes).. Dernièrement suite à une enième polémique sur le même sujet, j’ai remis la lettre à jour (quelques petites modifications) et la voici.

        Michel Pauzé

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  16. J’aimerais simplement souligner une chose: c’est un fait qu’il y a des commerces de plus en plus poches dans le Plateau. Cela dit, ce ne sont pas les gens de Pointe-aux-Trembles, de Blainville ou Châteauguay qui partent de leurs patelins pour aller prendre un café chez Starbuck’s sur le Plateau. Pour eux, pas besoin de faire tout ce trajet: il y a déjà un Starbuck’s dans leur ville. Si ce genre de commerce prend de plus en plus de place dans le quartier, c’est parce que LES RÉSIDENTS DU PLATEAU les fréquentent. S’ils les boycottaient, il en serait autrement. Au coin de Saint-Denis et Mont-Royal il y a un A&W. Vous pensez qu’on part de Longueil ou Laval pour aller y manger? Non, ce sont les gens du coin qui, au lieu de manger dans un vrai restaurant, vont contribuer à l’industrie du fast-food.

    Cela dit, c’est bien que le Plateau se vide. C’est un quartier malade de son succès. À Montréal, 80% des écoles de tango, des bureaux de psychologues, des restos végétariens pour ne pas dire 90% des écoles de yoga se situent sur le Plateau. Vous trouvez ça normal? Que toute la ville doive se rendre dans ce quartier pour y faire ce genre d’activité? Heureusement, on commence à étendre ce genre de services dans Rosemont, Hochelaga, Villeray, Verdun et ailleurs.

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  17. Ça fait 20 ans que j’habite le plateau et s’il y a une constante c’est bien les commerces qui ouvrent et qui ferment, il y a eu des époques sauvagement placardés, et ça faisait dure en svp à la glorieuse époque de meuble elle et lui. Tsé quand un autre boulangerie ouvre, la cent vingtième, je me demande dans quelle mesure le maire est concerné par l’échec du commerce.
    Donc, tu pars parce que ton char est pas content… pis que ça parle trop français de France.
    Bon vent !

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      1. Dans le style conservateur je vous suggère la très belle ville de Québec. Là ça déneige mon amie et les façade sont vraiment top.

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      2. J’y ai vécu. Trop conservateur. Très jolie, en effet. Merci pour la sous-jacence de mépris, monsieur. S’il-vous-plaît, ne prenez pas mon billet trop personnel. Ok? Paix, calme et démocratie. 🙂

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  18. J’ai grandis moi aussi face à ce cinéma qui n’avait rien d’un Bijou. Le plateau, bien que mon souhait soit d’y revenir, je ne m’y reconnais plus et suis bien également là où on ne cherche pas à me nuire à tout prix.

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  19. À tour ceux qui défendent corps et âme le bordel Ferrandez… Vous en avez le droit, c’est une vision qui se défends.

    Maintenant…. laissons parler le marché ha! (Immobilier et commerce).

    Par contre, à la défense des Ferrandiens… Je dirai qu’après un feu, en forêt, la nature reprends ses droits, souvent sous une autre forme (une flore et une faune différente s’y installe). C’est le pari de Ferrandez.

    Cependant il se fera sur le long terme (faudra être patient… et être en mesure de prendre les contre coups de cette vision durant des années avant d’en récolter les bénéfices)…

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  20. J’habite le Plateau depuis plus de 35 ans. D’abord près du Parc Lafontaine, puis le sud-est (Rachel/ des Érables) et, depuis 20 ans, le « Petit Laurier ». À ce propos, je participerai à une manifestation de « ras-le-bol » sur Laurier dans quelques minutes.

    J’ai follement aimé ce quartier central de Montréal. Parce qu’il est central. Parce qu’il est animé. Parce qu’il est un peu bordélique. Parce qu’il ÉTAIT le lieu de tous les rendez-vous.

    Ferrandez et ses zélateurs s’acharnent à détruire son âme et à y reproduire les caractéristiques de villes-dortoirs.

    Nos amis hésitent à nous rendre visite. La dernière à le faire a gagné à la loterie des tickets des nouvelles vignettes. La circulation, fluide il n’y pas si longtemps, tourne en rond dans le labyrinthe de ses sens et contre-sens.

    Les piétons que nous sommes se méfient dorénavant des cyclistes dévalant les trottoirs et n’arrêtant à aucun signal.
    Nous avons une administration d’arrondissement qui suscite l’antagonisme au sein de la population du Plateau. Et en profite. Ses habitants de longue date, de guerre lasse, déménagent dans les quartiers environnants qui tranquillement héritent de l’âme du Plateau.

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      1. Je ne suis pas sûr de comprendre votre « …terriblement triste… ».

        Je sais que je ne suis peut-être pas objectif, étant un des résidents organisateurs, mais je ne trouve pas triste de voir des citoyens et des citoyennes déambuler solidairement et avec la joie de se serrer les coudes ensemble. De déambuler pour manifester effectivement leur « ras-le-bol » et réclamer le droit absolu d’être partie prenante, et donc d’être consultés, dans l’aménagement de leur milieu de vie de tous les jours. Et ce, même si le maire de l’arrondissement aime à répéter qu’il a été élu et qu’il peut donc faire ce qu’il veut !

        Et puis, il y avait un petit à côté: le plaisir de rencontrer et d’échanger avec des gens que l’on voit à tous les jours au travail, dans nos commissions mais sans jamais vraiment se parler. Aujourd’hui on se rencontre, on se salut et on échange un sourire heureux de croiser des gens qui partagent le désir de continuer à vivre dans un quartier dynamique convivial et accueillant, dans le Plateau ante-Ferrandien quoi !

        Michel Pauzé

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      2. Triste, oui. Parce que, par cette magnifique journée, je réalisais que je partais. Triste, parce que je trouvais tout le monde beaux et qu’ils allaient me manquer. Triste parce que, bien que beaux, ils étaient si peu «ras-le-bol». Un quidam qui tournait le coin aurait pu croire à une autre vente trottoir ou un party de quartier. Triste parce que j’ai vu un homme cogner mollement à sa casserole devant l’embarras de vraiment faire du bruit. Triste parce que le fromage en crotte du Corbeau suait comme le crisse. Triste parce que c’était beau et triste, grotesque et sublime. Voilà. Triste. Je suis triste. Et fatiguée un peu aussi. Tout d’un coup. Mes excuses si je vous ai choqué monsieur Pauzé, vous m’en voyez… terriblement triste.

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  21. Bon, j’habite Villeray et je m’y plais beaucoup alors donc je ne commenterai pas. Cependant je tiens à vous dire Mme. Masquée que la découverte de votre blog est très réjouissante, quelle plume madame, quel style ! Bravo, bravo et encore bravo, vous lire est un plaisir.

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  22. Bonjour!
    Je reprends miens tous vos propos. Je quitte après 15 ans, le coeur en miette de laisser le chez-moi qui m’était si chère.

    Quand on appelle notre futur ex-arrondissement pour comprendre ce qui se passe avec le déneigement et que la charmante conseillère nous dit que c’est fait exprès pour incommoder les résidents afin qu’il y ait moins d’autos sur nos rues, ça dépasse franchement les bornes. Peut-être devrait-on aussi me dire la couleur que je dois mettre sur mes murs et les souliers que je dois porter pour me rendre au travail.

    Quand on sort avec des casseroles pour crier à l’injustice mais qu’on accepte, année après année, des hausses de taxes plus importantes que les frais de scolarité et de loin supérieures à la moyenne momtrealaise, je décroche.

    Bravo Plateau toi qui m’a rendu tant de joies tu me rends maintenant triste et gris. Je n’ai plus le goût de te fleurir ou te rendre vivant.

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  23. C’est peut-être dû à un problème de communication, mais j’ai l’impression que derrière cette réaction épidermique à l’évolution récente du quartier se cache une gentrification qui n’ose pas dire son nom. Cela expliquerait cette volonté de rappeler à votre lecteur qu’il fut un temps où vous étiez fière de côtoyer « les crottés » et « les gratteux de guitare » mais qu’à présent, vous êtes passée à autre chose.

    Car enfin, il est très étrange qu’après avoir supporté 20 ou 30 ans de transformations les plus extrêmes de ce quartier, dont certaines n’ont pas dû être jolies, ce soient aujourd’hui les sens uniques et le déneigement qui apparaissent comme les perturbations les plus graves de l’histoire. Plus graves que la hausse démesurée des loyers qui a fait fuir des familles entières, vraiment ? Plus graves que la transformation massive du quartier en condos? Je veux bien que des goûts et des couleurs, on ne discute pas, mais ne perdez pas de vue qu’en attendant, ceux qui ont survécu à cette gentrification sont souvent ceux qui n’ont pas d’auto… et qui espèrent qu’ils ne seront pas les prochains à être délogés par un promoteur immobilier.

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    1. Mais voilà, monsieur! Ce billet, c’est l’histoire d’une crisse de folle (lisez mes autres billets, j’t’une crisse de folle) qui est passée à autre chose. Elle quitte comme elle quitterait un homme, en exagérant ses «défauts» et monsieur F représente «l’autre» qui l’a «changé». J’ai écris un texte, toute seule dans le fond de ma grotte. J’suis pas une journaliste, ni une prophète détentrice de la vérité, ostiiiiiie! J’suis juste une fille qui raconte sa vie à sa manière. Faut pas capoter, merde! J’ai juste plus le goût et les moyens de vivre icitte, pis Ferrandez me fait suer, c’est comme ça. Désolée que vous écopiez de mon débordement. Mais je trouve qu’on commence à déraper dans la choucroute.

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  24. Bonjour Madame, je vous découvre et en même temps, un univers de gens qui réussissent à trouver de l’agrément et surtout des explications logiques (!) à l’univers parallèle de M. Ferrandez…. J’aime beaucoup le fait que vous réussissiez à garder du respect et de  »l’écoute » pour tous, y compris à ceux qui disetn:  » Mes amis et ma famille laissent leur auto à Longueuil!!! » Tant mieux pour eux! Mais la vérité c’est qu’effectivement, inviter des amis représente tout un défi : réservé un espace grâce à notre vignette, changer de place à leur arrivée, etc. Mais bon, on survit… Ce qui me fait paniquer, c’est ceux qui semblent attendre patienmment que tout le monde prenne son vélo l’hiver ou pis, que les Bixis soient disponibles 12 mois par année! Car au delà de ces querelles (qui seraient effectivement banales si c’était encore ppossible d’aller faire ses courses en pouvant stationner), ce qui m’interpelle donc c’est le fanatisme de ceux qui n’ont rien à faire des témoignages des gens et qui, pour toute réponses, ordonnent: » Ben c’est ça, c’est d’même pis si t’aime pas ça, décr…. »

    S.V.P. voisins du Plateau, ne nous abandonnez pas! Soyez patiens et aidez-nous à revenir sur terre!

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    1. Merci de ce partage… Je me sens un peu lasse… je ne sais plus quoi dire. Je ne pensais pas devenir la porte étendard du «Oui ou non le char sur le Plateau.» Laissez-moi faire mes boîtes tranquille et allez vous chicaner où ça compte les amis… Vraiment. Merci de m’avoir lue.

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  25. Je vous découvre et je vous trouve bien intéressante. Je ne suis pas une «Montréal ou Québec, etc. basher» et souvent, je tente la plus grande objectivité en rétorquant à ceux qui le sont ou qui font preuve de mauvaise foi. Aujourd’hui, à vous lire, vous me brisez le coeur. Je reconnais comme vérité la plupart de ce que vous dites. Je suis une vraie citadine, j’adore la ville, je l’expérimente à pied et je vis sur le plateau, en plein coeur de tous ces changements. Par conséquent, je n’ai pas le choix que d’acquiescer et c’est pour cela que j’ai bien de la peine car j’ai toujours tenté de me convaincre que c’est pas si pire. J’espère que votre petite note d’espoir «Si un jour tu te reprends en main, peut-être reviendrai-je me lover en haut d’un de tes escaliers si particuliers…» sera lue, comprise et bottera le cul des élus. Je vous souhaite bien du bonheur dans votre nouveau code postal.

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  26. Très belle écriture, un style vraiment à part, un vrai québécois. J’ai beaucoup aimé, félicitations!

    Pour le Plateau… comme tout quartier il évolue. Les Tim Hortons ont fermé, l’un remplacé par une boulangerie fine, l’autre par une SAQ. Est-ce si horrible?
    Depuis mon arrivée il y a 6 ans j’ai vu des épiceries fines ouvrir, une boucherie, une fromagerie. J’ai vu des commerçants hurler en fermant leurs boutiques, comme si une institution disparaissait. Et quand leurs enseignes partaient je voyais les anciennes enseignes 3 ou 4 ans plus vieilles, tout aussi éphémères. 3-4 ans de vie d’un commerce, ce n’est pas la faute de la mairie, mais d’une mauvaise évaluation de la clientèle, ou de la crise peut-être. Ou de vendre juste des vêtements bobo équitable-bio-recyclables-sans lavage. Mettons que tu peux crier au meurtre, à la base ta clientèle était réduite.

    Le Plateau vit, bouge, change. Des nouveaux commerçants lui donnent un nouveau souffle quand les anciens s’essoufflent ou ferment. Il faut donner du temps au temps. On se bat pour sauver des modes de vie, quand parfois il s’embourgeoise trop, comme avec le Divan Orange qui a failli fermer mais a été sauvé, ou les amendes contre le bruit qui se font moins dures.
    Certains bars ferment pour mieux rouvrir et crient au meurtre pour de la publicité gratuite dans les journaux, pas vrai Edgar?
    Mais a Rosemont le Petit Medley a failli fermer lui-même. Et les commerces d’il y a 20 ans ne devaient pas ressembler à ceux d’aujourd’hui.
    Des restaurants ouvrent quand les autres ferment, il faut sans cesse s’adapter nous même et prier pour que la jeune Poule Mouillée devienne une institution, ou que la Banquise ne déménage pas. Mais les modes changent, le Grec de Duluth n’est plus à l’honneur, dans 10 ou 20 ans ça reviendra peut-être.
    Le Plateau s’est embourgeoisé, mais il s’adapte: les gens qui aimaient y sortir il y a 10 ans ont acheté, gentrifié leurs habitations, rejeté les bruits qu’ils faisaient avant, quand ils ont eu des enfants et des vies plus rangées. Un peu comme une blonde fatigante qui se plaint que tu n’es plus le même que lorsqu’elle t’a connu, quand elle s’est évertué à te changer depuis le jour de votre rencontre.

    Le Plateau-iste d’il y a 100 ans était un pauvre ouvrier, bien souvent portugais. Celui d’il y a 20-30 ans était un artiste québécois. Celui d’aujourd’hui est bourgeois, ne réalise pas qu’il est dans l’ancien quartier portugais, un quartier ouvrier, où les murs sont en carton-pâte et où on entend les voisins baiser et ronfler.
    Et quand on rencontre des gens d’ici, on s’ouvre, on profite. J’ai peut-être de la chance d’être entouré d’anciens Plateau-istes, ou « d’immigrés adaptés ». D’être un immigré adapté.
    D’avoir pu écouter les histoires d’antan et savoir que dans ma cour arrière il y avait une écurie, il y a 100 ans. Un mal qu’elle ait disparu?

    La salle de bingo est devenue un gym/salle d’escalade. Un mal?
    La Tulipe fait proliférer les fast food 24/24 dans les environs, mais c’est parce que la demande est là. Parce que la Tulipe attire, fait vivre: un mal pour un bien.
    Mon épicier a lissé son magasin, l’a rendu plus beau, plus sain. Il va ouvrir une fromagerie.
    Ma boutique d’en arrière va faire place à un cabinet d’osthéo. Les modes changent. Dans 5 ou 10 ans ça sera peut-être un gym, ou un kebab.
    Des commerces minables font parfois place à des petites oasis qu’il faut sans cesse redécouvrir. Peut-être que dans 20 ans le Plateau aura des tas de restaurants sur ses toits, ou aura développé un autre nouveau truc full-branché-à-la-mode.

    Il ne faut pas blâmer le Plateau d’aujourd’hui. On est en démocratie, le maire est représentatif de son électorat. Il ne plaira pas à tous, malheureusement. Il oubliera un peu vite que le ghetto McGill c’est aussi le Plateau. Que le Plateau, ce n’est pas juste des familles. Même si tu avais voté pour lui, tu trouverais probablement la moitié de ses mesures débiles, mais l’autre moitié géniales ou au moins brillantes, comme les pianos l’été, les bornes fontaines sur les bornes incendies, les bulles de BD l’hiver sur Mt Royal. Tout n’est pas à jeter.

    Moi aussi je pars de mon petit condo… Pour mieux rester, 5 rues plus loin, plus proche de mes commerces, de ma vie. Je m’oblige à vivre une vie un peu plus bohème, reprendre la colocation, me mettre en situation « inconfortable ». Mais n’est-ce pas ça aussi, l’esprit du Plateau?
    Même si mon quartier m’énerve parfois, que ses habitants aux accents français me donnent envie de renier mes racines, je me désole de voir ma collègue pure laine, qui crache sur Montréal, sur le Plateau, qui ne profite pas de la vie citadine et préfère son immonde maison au milieu d’un champ fertile transformé en immonde lotissement a St Bruno. Et quand je l’entend cracher, je me moque d’elle: moi qui suis si bien, si proche du centre de l’action, des musées, des spectacles, des festivals, qui peux tout faire à pied, qui peux profiter de tout, au calme, le nez dans les arbres qui habillent les rues et les jardins. Et que pour rien au monde je ne quitterai un quartier qui m’apporte tant.

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    1. Merci pour le compliment sur mon écriture, Erwan. Merci pour le témoignage aussi. Merci pour toutes ces vagues d’amour pour le quartier. Il aurait été un homme, j’hésiterais soudain à le laisser. Mais ce n’est bien qu’un quartier, je le quitte, pour peut-être lui revenir, qui sait. Et dois-je répéter que je suis une crisse de folle? Et qu’ici, ce ne sont que mes échos? Tout le bonheur du monde en buvant votre café Fouvrac mouture cinq, mon cher. Je sais que le Plateau me manquera. Vraiment.

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  27. J’habite le plateau depuis mon arrivée à Montréal en 1989. Il est vrai qu’il a beaucoup changé, mon quartier d’accueil. Tout comme le Vieux, le centre-ville et le Village qui ont changé, comme ma ville d’origine dans le Maine, comme le Vieux-Québec, comme les Cantons de l’Est, comme l’Ontario, comme l’URSS. C’est ça, la vie : le changement. Sur mon plateau, il y a eu les changements que j’ai aimés et ceux que j’ai haïs; il y en aura que j’aimerai et d’autres que je haïrai. Je fais le roseau dans ce tourbillon de changements, et je continue d’aimer mon quartier. Quitte, si tu veux, mais saches que l’endroit que tu choisiras pour planter ta tente changera lui aussi. Malheureux les nostalgiques, car ils seront condamnés à toujours bouder.

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    1. Fais moi confiance que je vais bitcher mon nouveau quartier également. Promis. 😉 Tu sais, mon billet ne dit pas que c’est mieux ailleurs. Je dis que c’est mieux pour moi, maintenant. Anyway… pourquoi je me justifie, hein? Merci de m’avoir lue.

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  28. C’est la faute à Ferrandez, l’autre jour j’ai manqué ma sortie St-Jacques sur la 20 ouest.

    Au moins, il se passe quelque chose… Ça bouge, ça parle, peut-être que ça votera encore plus… visons le 90%

    Vive Montréal, la bella !

    Cheers.

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  29. Je suis bien d’accord avec votre texte! Bien écrit d’ailleurs… Avez-vous transmis vos demandes / mécontentements à la personne concernée? luc.ferrandez@ville.montreal.qc.ca

    Je vous invite fortement à le faire, car sinon ca ne changera jamais. 😉 Notre entreprise est basée sur le plateau est c’est devenu invivable, nous songeons à déménager puisque nos clients et nos partenaires ne veulent plus nous visiter.

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    1. Bonjour Pascal. Merci pour le compliment sur l’écriture. On s’est chargé d’envoyer ce texte à monsieur F. à ma place. J’ai écris ce billet avec mes tripes, comme tous mes autres billets d’ailleurs. Mais celui-ci a eu une portée démesurée. Je ne pensais pas avoir mis le doigt sur un tel bobo (no pun intended). Je ne sais pas si je dois être enchantée ou désolée. Bonne chance avec votre entreprise. Vraiment.

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  30. Quel texte vraiment drôle, merci pour ce bon moment. Je le lisais au début avec un peu d’inquiétude car j’avais un peu peur de ce que ça allais réveiller en moi . Et oui tout change. L’Impermanence …Toutefois le plateau restera toujours remarquablement bien situé . Un quartier central, un noyau d’où émerge des concepts d’urbanisme révolutionnaires . Continuez a écrire . vous avez du talent !!!

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