Les vampires.

Vampire

Pour certains, c’est au contact de l’autre que leur puits d’énergie se remplit. Ils sont heureux quand ils ont les dents qui trempent dedans. Pour d’autres, c’est le contraire, la fontaine se vide ti-peu par ti-peu au contact de leurs prochains. Et pour quelques uns d’entre-nous, la batterie est à terre après seulement une conversation avec le facteur ou une session de frotte la bedaine et lance le bout de bois dégueulasse avec un molosse.

Pour ces gens-là, des textos envoyés par un ami les mettant au courant de l’achat de nouveaux pneus ou qu’une abeille est rentrée chez eux mais que là, ok, c’est beau, ça leur draine le système nerveux même si y’aiment l’ami pis toute.

Pour eux, la relation avec une personne qui est incapable de silence peut les tuer à feu doux. Ils sentiront le son de la voix ininterrompue qui carrouselle et vilebrequine en grugeant lentement un trou dans l’échine quelques part entre les omoplates. Jusqu’à ce que, dans leur crâne assourdi, ils se répètent en mantra «Ta yeuule, mais la ferme-tu ta yeuuule?»

Avec d’autre, le suçage de leur essence sera plus subtile. Ça se situera au niveau des insécurités. Oui, oui, j’ai aimé notre soirée country, c’était super. Oui, oui, tes pétoncles sont délicieux! Arrête, t’as pas engraissé d’une livre, pis ça te fait bien, anyway! !

Pour ceux qui ont une cuve de vitalité grosse comme un dé à coudre, ça se peut qu’ils veuillent demeurer devant la télé éteinte sans voir ni parler à personne pendant deux semaines après un 5 à 7 bien garni le jeudi.

Un rien les épuise et pour longtemps. Juste quelqu’un qui tient une conversation trop près de leur visage peut provoquer un écoulement d’énergie le long de la jambe jusqu’à faire un rond sur le prélart.

Si vous faites partie des ces gens-là, y’a qu’une solution : apprenez à refuser l’accès au puits à vos suceurs. D’abord, ils le savent peut être pas qu’ils vous assèchent si vous agissez en hypocrites et feignez la joie de les fréquenter.

En étant honnête avec eux, au pire, ils seront fâchés contre vous et ils vont sortir enfin de votre vie. Fait que, win win. Bref, si ça vous tente pas de vous taper en gang le prochain «Mall Cop» avec l’hilarant Kevin James, ouvrez votre bouche et formez ce son : «Non».

Et ensuite, un peu plus dur à faire : dites pourquoi. Et dites la vérité.

Non, merci, mais j’irai pas au baptême de ton enfant. Pourquoi? Parce que je t’ai rencontré le mois passé pis j’te connais pas, ma belle.

Non, j’ai pas envie de te taper les fesses avec une palette de ping-pong. Pourquoi? Parce que ça me fait perdre un peu plus de respect envers toi. Ça te dérange pas? Ben, moi oui.

Non, je l’écrirai pas ton scénario gratis parce que l’idée est trippante. Pourquoi? Parce que tout ce que tu veux faire c’est fumer des bats en gesticulant dans les airs plutôt que sur le clavier.

Non, j’irai pas courir avec toi autour du bloc. Pourquoi? Parce que je coure pas. Pis quand je coure, je coure toute seule. Pis si je coure pas toute seule, c’est qu’y’a un fou qui me veut du mal.

Non, j’suis pas curieuse de savoir comment tu fais tes patates pilées. Pourquoi? Parce que si ça m’intéressait, je te demanderais, «Heille, comment tu fais ça, tes patates pilées?».

Non, j’irai pas. Je sais que c’est Noël pis que ça fait longtemps, mais non. Pourquoi? Parce que vous me manquez pas. C’est bête en crisse, mais c’est d’même. Allô? Allô?

Vous allez remarquer que votre citerne va se remplir assez vite. Et c’est là que vous appelez vos siphons préférés : le bon chum qui vous tape l’épaule à chacune de ses jokes ou bedon l’extrovertie qui lance des «Woohoo!» quand c’est sa toune, pis après ça, vous devriez être correct pour un autre bon bout.

Dire non et dire la vérité vont vous coûter des amis. N’en doutez pas. J’veux dire, vous gagnerez pas en popularité. Mais vous voulez être tranquille? Fait que, c’est ça, vous allez l’être.

Ceci-dit, il faut réaliser qu’on est tous le suceur d’énergie de quelqu’un. Acceptez qu’on vous dise non à vous aussi. Et surtout, acceptez qu’on vous dise pourquoi. Ça peut pincer. J’vous avertis.

Voilà mon conseil de la semaine. Vous en faites ce que vous voulez. J’ai passé assez de temps avec vous, je vous laisse. Pourquoi? Parce que je veux aller marcher au soleil plutôt que de vous écrire.

Je vais aussi demander à mon garçon si ça lui tente de m’accompagner à l’exposition de Rodin… C’est sûr qu’il va dire oui, quoi de plus plaisant qu’une sortie avec maman?

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4 réflexions sur “Les vampires.

    1. La «sauvage» en moi vous remercie bien bas. Adepte du «non-ça-me-tente-pas-de-socialiser-à-tout-prix» depuis des décennies, je ne m’en trouve que mieux.

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