Apprendre à exister à frette.

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À un moment donné, faut prendre un break. Se mettre en bris de réflexes. Prendre un break des substances, des écrans, des habitudes et un break de l’influence des autres.

Je me rends compte que je n’ai pas été à l’état brut depuis des centaines de mois. Je consomme, colmate, compulse et choque mon corps. Tous les jours. J’ai besoin de changer ma chimie constamment, comme si être simplement comme ça, sans rien pour me polluer, m’était impossible.

Voici donc l’exercice que je m’impose : Un mois sans.

Tsé, question de me compliquer la vie pour apprendre à me la simplifier?

Un mois sans café le matin. Parce que je pense que c’est ça qui va me réveiller. Et que j’ai tort.

Un mois sans Facebook. Parce que je pense que les autres m’intéressent. Alors, que je m’intéresse plus à savoir si, moi, j’intéresse.

Un mois sans cigarette. Parce que allô?? Arrête-moi, ça plus qu’un mois!  «Occasionnelle», me semble! Tu le veux où ton cancer, épaisse?

Un mois sans Internet. Parce que je pense que ça me détend et m’instruit. Quand, dans le fond, ça me fait perdre du temps et me désinforme.

Un mois sans cannabis. Parce que je pense que ça me relaxe et me médicamente. En fait, ça retarde, un bref moment fuzzy, un stress que je refuse de vivre, d’affronter.

Un mois sans alcool. Pour les mêmes raisons qu’en haut, mais en ajoutant le bout où je finis décalissée le lendemain.

Un mois sans télé. Parce que je pense que ça me distrait. Avec ce que je regarde, croyez-moi, ça ne fait que me garder tranquille et bête. Bêêête.

Un mois sans sexe. Ouan. Parce que je pense n’aimer que baiser. Et c’est pas faux. Me-noum, grrrr, hubba-hubba!… Mais, je suis curieuse de ce que je peux offrir d’autre qu’une pipe quand je fréquente un homme.

Voilà.

Je m’attends à avoir des maux de tête, de l’irritabilité et de faire le bacon pendant une bonne semaine. Je m’attends à m’ennuyer et tourner en rond, ne trouvant rien d’intéressant à faire au lieu de…  Je m’attends aussi à compulser ailleurs et crains de vous revenir avec 20 kilos en plus. Je m’attends à des rechutes. Je m’attends à me décevoir.

Mais j’espère aussi toucher les cordes sensibles, les faire résonner une fois pour toute comme on joue de la harpe. Je me somme de ressentir ce que j’évite, fuis et enfouis derrière ces parasitages depuis si longtemps. Quitte à faire un rebirth sur la tuile froide de ma salle de bain. Je désire me changer certaines structures mentales. Je me souhaite surtout d’apprendre à me faire plaisir, autrement.

Avec ce detox de la mort, ce rehab maison, je vais tenter être plus forte que moi. Pas par judéo-crétinisme. Rien à foutre. Pas pour ma santé physique. Ça, ça marche pas. Déjà essayé. Je n’ai aucune volonté quand au respect de mon véhicule. Non. Pour ma santé mentale. Parce que l’essence même de qui je suis est noyée dans une mer de perturbateurs. C’est ce que je suis devenue, maintenant, une femme perturbée.

Pendant ce temps, je vais me mettre au Chaï Latte et au tricot. Heille, je sais tricoter, vos yeules. Je vais écrire, énormément, pour le boulot, pour le fun. Je vais lire, écouter de la musique et y danser. Je vais voir des ami(e)s avec ma vapoteuse et ma bouteille d’eau. Et les laisser dealer avec ça. Je vais aller au cinéma et marcher à me faire des ampoules. Je vais me branler, c’est sûr. Je vais décorer mon magnifique appartement et refaire ma garde-robe. Je vais regarder souvent le vide. Regarder en dedans, si j’y suis.

Et je vais aussi tenir un journal de cet Abstention-O-thon. Pour que vous puissiez rire de ma gueule à mon retour.

C’est vrai qu’il faut que je vous avertisse que je serai également un mois sans blogue. Parce que je pense que j’ai fais le tour. Alors que j’ai encore tant de choses à vous dire. J’ai juste besoin d’un break.

De retour le 30 septembre.

Ha, man… Vous me manquez déjà.

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4 réflexions sur “Apprendre à exister à frette.

  1. Tu me manques déjà toi aussi, belle crisse de folle! 😉 Mais je comprends très bien ton désir d’absenti-o-thon. J’en fais un de plus en plus souvent moi aussi depuis peu. Pas pour un mois, oh! shit, non! Suis rendue trop vieille pour écourter ainsi mon espérance de vie. Quelques jours… une petite semaine… CIAO! ❤

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  2. un mois sans vous lire… je ne sais pas comment je vais m’en passer…

    Même si je ne suis pas toujours d’accord, si « j’aime » pas toujours.

    Mais je comprends. Il faut parfois se soigner, apprendre à se dorloter, même si ce n’est pas facile.

    Il y a quelques années, j’ai commencé à prendre l’habitude de rédiger un journal, manuscrit, dans des cahiers : tout y passe… ruminements, réflexions sur le temps qui passe, récits de rêves, notes sur des projets, des lectures, des recherches, des conférences, des révélations et des illuminations qui, au moment de se poser sur le papier, prennent l’allure de mirages…

    Je me rends compte que souvent, la main hésite, se retient, prend des détours, s’égare, évite, déforme, fabule ; souvent, elle ment, par omission. Qu’importe, je suis l’unique lecteur des traces de mes plumes et crayons et je sais ce qu’elles masquent. Pourtant, en les relisant, des fois des mois plus tard, je suis aussi surpris de découvrir des petites perles dans ce gigantesque babillement.

    Somme toute, mes cahiers et journaux sont de bien meilleurs miroirs que mon écran… J’ai appris à chérir ces moments où je m’offre le luxe de détacher ces laisses rassurantes qui m’étouffent… Je reviens toujours à mes laisses, mais elles m’apparaissent plus légères, moins contraignantes.

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