Avoir la switch à witch

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Se déguiser en sorcière… Non pas avec un chapeau pointu et un balai entre les cuisses, non. Sauf à l’Halloween. Et encore…

Mais au quotidien, se sentir investie de pouvoirs qui piquent une saucette dans l’irrationnel. Être convaincue qu’on peut manipuler le destin comme une glaise en mal d’être sculptée. Acheter des livres qui contiennent le mot «clef».

Se tourner vers l’occulte pour occulter l’incontrôlable. Faire une prière devant une chandelle rouge ou blanche pendant le Sabbat. Juste au cas. Comme on se recueille à l’église, mais auprès d’un arbre, la nuit, en murmurant «blessed be», nue, un grigri dans le cou.

Lancer des choses dans l’Univers. Se tisser un karma avec de la laine de bonnes intentions et de foin d’odeur. Éviter les échafauds mais courir les chats noirs. Se couvrir de mystère et d’huiles essentielles. Jeter un sort à celui qui n’a pas voulu nous jeter son dévolu. Et les faire rire avec ça ou freaker ben raide.

Blâmer la pleine lune pour nos marées. Déceler de la synchronicité dans l’air du temps. Se hasarder qu’il n’y a pas de coïncidences. S’écrier «C’est un signe!» à la vue d’un oiseau de malheur. Se tourner vers les étoiles pour dicter notre journée. Lire dans les boules de cristal, les planches de Ouijà ou les cartes de Tarot. Faire tourner les pendules pour les remettre à notre heure.

Toutes les femmes sentent qu’elles possèdent une espèce de don. Certaines ont des anges gardiens, d’autres des posters de fées assises sur des licornes. Elles conconctent des philtres, élixirs et remèdes de grand-mère. Elles poussent du grimoire depuis la nuit des temps, malgré les embûches des scientifiques et les bûchers des sceptiques hérétiques. Qu’elles soient une vieille folle à la verrue ou une adolescente en mal d’un héro de Twillight, elles ont toutes un cri de ralliement : Yes Wiccan!!

Elles aiment croire à l’invisible, à la pensée positive, à la pensée magique. N’ayant pas la force physique, elles se tournent vers celle du psychique pour calmer l’angoisse de l’inconnu, de l’indomptable. Elles ont la volonté de faire partie de ce qui les entoure, d’être en communion avec la terre et l’au-delà.

Les superstitieuses ne comprennent pas la motivation accidentelle, la fatalité. Elles se sentent obligées de la déplacer en la situant dans un monde extérieur. L’ésotérisme est le miroir de nos craintes, de nos doutes et de notre histoire.

Dis moi quels sont tes rituels et sortilèges et je te dirai de quoi tu as peur.

Je trouverais dommage que la civilisation moderne nous fasse quitter le domaine de l’onirisme, du spiritisme, de la pensée intuitive, de l’intériorité, au profit de contingences superficielles et matérielles.

Embrasser la Sybille en soi, décider de deviner les méandres de la vie au fond d’une tasse de thé, en écoutant son intuition ou en focussant sa volonté sur des événements à venir. Tous des procédés pour qu’une fille puisse arriver à se faire confiance.

Prendre tous les aspects d’une femme que la culture dominante considère comme des signes de faiblesses, tels que la sensibilité émotionnelle, le cycle menstruel, l’instinct, et les utiliser comme des outils pour comprendre, communiquer avec l’inexplicable…

…Et découvrir que ça marche…

Exit avec l’éclat de rire nasillard de Margaret Hamilton dans le magicien d’Oz.

La folle s’amuse à se traduire…

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Fait que bonjour, gang!

J’ai fuckaillé à droite et à gauche, comme une vraie techno-mongole-à-batteries (pardonnez les courriels erronnés reçus) mais m’y voilà: j’ai starté mon blog, mais en anglais, pour ceux-zé-celles que ça pourrait intéresser.

Cliquez ici :

https://blogoutofmywits.wordpress.com/

Si vous aimez, en français comme in English, n’oubliez pas de partager. Si ça vous tente. Pas de pression, ni rien. Juste, tsé, question de… 😉

Bisouille! À mercredi pour les frenchies. And see ya Friday, pour lézanglo.

Merci de me lire, de me suivre, z’êtes vraiment, vraiment, vraiment blood!

Amoureusement,

votre folle.

Écrire. Le grostesque et le sublime.

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Pourquoi tu écris?

Pour le plaisir, pour guérir, pour rire, pour rien, pour vivre et en vivre.

Écrire parce que c’est tout ce que tu sais faire. Et encore, tu doutes de ça. Tu doutes de toi. Souvent. Tout le temps.

Mais tu écris quand même.

Tu te livres, cœur et âme ou par-dessus la jambe, dans un cahier, sur Word, sur un Post-it ou le dos de ta main. Sur le mur ou la table, des fois, mal prise.

Tu fais des listes. Tu oublies tes listes. Tu skies le Mont-Blanc dans des blocs notes à peine relus. Tu documentes le fugace pour le rendre éternel. Tu ne veux pas mourir sans avoir rien laissé, sans avoir donné quelques coups de marteau dans le marbre qui s’offre à toi, dur et tendre à la fois. Comme toi, comme toi.

Tu as la chanson d’amour à fleur de flirt et tu rimes à rien. Tu as l’image facile et le verbe salace. Tu griffonnes une blague comme on balloune un animal. Tu fais la pitre avec l’épitre, plis des origamis calligraphiques. Tu aimes offrir, telle une vieille folle sur le bord de l’autoroute de l’information, les fruits secrets recueillis dans ton potager.

Tu t’appliques à transcrire sans faute ton sanskrit écrit en transe. Mais il y a toujours quelques coquilles qui jonchent ta plage. Tu blogues pour battre le cœur pendant qu’il est gros. Tu autopsies tes cadavres exquis et laves ton linge sale en Times New Roman.

Tu écris pour la musique que ça fait. Tu te tiens demie-croche et noire devant ta partition. Tu t’éjarres, Tori Amos style, en jouant du tambour avec les touches de ton ordinateur. Et tu laisses chanter les locataires accroupis au dessus de la trappe à air de ton grenier.

Tu jongles avec les maux et chatouilles les litotes. Tu as peur avant d’écrire. Tu as le vertige en auteure. Mais après le saut de l’ange où ta plume se déploie, tu es presqu’incapable d’en venir au point final. Tant que la bouteille n’est pas lancée à la mer, tu gommes, tu biffes, tu déplaces, tu remets ça, tu roques et tu rôles.

Tu écris aussi pour parler. Tu aimes te donner le cadeau de la réflexion, de la réécriture après ton prime abord. Tu favorises une première impression de toi sur papier. Tu préfères donner une carte plutôt que tes bégaiements. Un texto à un appel. Un mot doux à un câlin.

Tu penses façonner tes hurlements de façon à ce qu’ils soient supportables pour les autres. C’est souvent faux. En général, tu préfères te disputer par correspondance plutôt qu’en pleine gueule. Bref, tu te surpasses dans les lettres de ruptures.

Tu écris pour te lire, te relire et te relire encore. Tu te trouves brillante et nulle, grotesque et sublime. Tu travailles à la sueur de ton clavier en te rongeant la barre d’espacement. Tu perds pied devant les mains tendues à tes manuscrits. Tu vacilles lorsqu’on te complimente et tu t’effondres devant la critique.

Mais tu te relèves sans cesse. Parce que tu écris pour les autres. Tu as besoin de te savoir lue comme autant d’amour que ton cœur sans fond peut en prendre. Tu as besoin qu’ils caressent ton texte de leurs yeux. Tu écris pour séduire et ne peux souffrir le désintéressement.

Tu écris parce qu’ils t’attendent, eux, tes lecteurs, tes lectrices, tapis dans leur solitude, devant un café, entre deux stations de métro, sur la cuvette ou sur des coussins, au réveil ou au coucher.

Tu écris pour qu’ils reviennent chaque semaine. Invisibles mais palpables, s’abreuvant de ton sang d’encre.

Tu écris parce que sans eux, tu ne serais rien. Rien qu’une muette qui crie sous l’eau avant de se noyer en silence…

Alors, tu écris.

Point.

La borgne chez les voyants.

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Un an que ce blogue existe. Ouaip.  Créé à un moment où écrire me semblait la seule issue à une démence qui commençait à ping-pogner solide dans mon cerveau. Le besoin d’extérioriser des démons avec les mots, sans trop me préoccuper d’être lue ou non. Juste écrire pour guérir.

J’ai toujours griffonné des histoires, tenu des journaux, chroniqué l’espace autour de moi. J’ai hésité longuement à penser que je pourrais en faire un métier, parce que j’suis resté beeen trop longtemps sur ma marde de mes douze ans…

J’avais remporté un concours d’écriture qui mettait en compétition les élèves du même âge dans toutes les écoles de l’Outaouais. C’est grand l’Outaouais quand même…. J’veux dire… Ça en fait du boutonneux qui tente de fignoler un éditorial! C’est votre humble scribe qui gagne la patente. On tape des mains dans la salle. Gros trophée, gros ruban bleu, grosse encyclopédie, grosse pognée de main avec l’ambassadeur de France. J’suis impressionnée. Je shake en dedans. J’en reviens pas de moi-même. Je me tourne pour voir ma mère dans le public qui semble complètement agacée parce que l’orchestre a joué le Ô Canada.

J’entre dans notre bazou avec ma mère et elle me demande de voir mon texte placé dans un Duo-Tang chic avec une lettre de félicitation dedans. Chuuuuu fièèèèère, z’avez pas idée! Ma mère lit quelques lignes et soulève plein de fautes.  Elle est outrée du système scolaire, ici. Elle me remet mon truc et tourne la clé dans le démarreur. Entre ses dents, elle murmure, dépitée : «C’est ça le français dans l’Outaouais! Y récompensent une borgne parmi les aveugles…»

J’suis morte. J’l’ai pris personnel exposant 10. Pis j’ai encore la balafre en travers du gorgotton. J’tais morte souvent avant. J’suis morte souvent après. Mais là, ça a été le clou dans ma balloune d’ego.

Si on pouvait éviter de pitcher des roches sur ma mère, s’il-vous-plaît. C’est une femme extraordinaire qui m’a montré plein de choses magnifiques. C’est juste pas la queen pour donner de l’estime de soi, c’est tout.

Anyway, depuis c’temps-là, on dirait que la critique me drille un trou un p’tit peu en haut du plexus solaire vraiment facilement. J’en parle pas souvent. Mais ça me fait mal et je me sens facilement ébranlée.

J’ai plus réellement osé écrire pendant 25 ans. Pis merci, crise de la quarantaine et tes remises en questions sur parfum d’hormones,  j’ai auditionné dans deux grandes écoles où j’ai été acceptée pour me faire enseigner, qu’écrire, tu l’as ou tu l’as pas. Pis que je l’ai quand même pas pire, même si j’écris drôle.

Depuis peu, j’en vis. Pauvrement, mais j’en vis. Ça a redonné confiance à la floune qui se roule la tresse en se mangeant la peau dans les joues.

L’an passé, dans une détresse profonde, avec un besoin de hurler ma vérité, sous les encouragements d’une bonne chum, j’ai parti ce blogue anonyme. À des fins thérapeutiques. Écrire comme j’ai envie, de ce que j’ai envie, sans peur et sans reproche.

Et les reproches ont tout de suite starté. «Han? Pourquoi t’as nommé ton WordPress «Auteure masquée»? AuteurE, en plus! Pourquoi pas ton nom, Christine Foley? Tu veux pas que le monde te connaisse?»  Ben, gueuh, oui. Je… Mais j’tais gênée pis… je peux pas renommer ma signature WordPress, j’ai essayé. J’suis techno-tarte. S’cusez.

J’ai donné le titre  de «À vos risques et périls», parce que je savais que bien des gens n’apprécieraient pas l’impudeur dont j’allais faire preuve. Maudit qu’on m’a fait savoir que c’était quétaine! S’cusez.

Le sous-titre : «Les échos d’une crisse de folle», c’est parce que j’étais exactement ça. Folle. On m’a fait comprendre que ça dérange. On aimerait que l’auteure soit mieux dans sa peau. J’tais folle, crisse! Qu’est-ce que vous voulez que j’vous dise? Oups… Je travaille ben fort sur me mettre un filtre, s’cusez.

Bref, j’ai publié mes textes comme une hémorragie, comme un flot de lave, de fiel et de bile. Beeuuuuaaaarrrrkkkk! Des années de retient ben qui vomissent en un volcan de colère à peine contenue. Plusieurs d’entre vous avez détesté ça, d’une shotte. C’est correct. J’suis pas pour tous. S’cusez-moi. S’cusez, faut que j’arrête de m’excuser. S’cusez.

Mais ceux zé celles qui ont continué à me suivre ont, soit : Ca-po-té ben raide sur mon cas jusqu’à m’en demander quoi faire avec ça. J’pas habituée. Soit, ils ont commencé à me dire chacun leur tour ce que je devrais changer pour aimer vraiment ce que j’écris.

Ce fut le début de la remise en question, le doute de soi, le y’ont pas tort. On me trouvait trop. On me trouvait pas assez. Je me suis mise à prendre les critiques hebdomadaires en considération. Et là, tranquillement, sournoisement, y’est arrivée une affaire poche. J’ai commencé à bloquer. Pour la première fois de ma carrière, toutes créations confondues : rien. Rien qui me vient. Terrorisée à l’idée de déplaire.

Voici l’exemple d’un message envoyé par quelqu’un qui me lit chaque semaine et qui me trouve pleine de talent: «Tu t’enterres sous des tonnes d’autres mots ou d’expressions a la mode.  Quand tu écriras avec ton cœur, ce jour-là, tu diras: je suis écrivaine et auteur….Tu nous montre tes émotions et ensuite tu fais une pirouette et nous lances soit un gros mot, soit tu nous mets le nez dans des scènes tellement réelles que nous en tremblons ou bien tu nous traites de toutes sortes d’affaires.»

Et je réalise que c’est vrai. Je pensais écrire avec mon cœur, mais je n’écrivais qu’avec mes tripes.  Et pouf, j’ai l’impression de ne rédiger que d’un œil. Je suis borgne à nouveau .

Me voici. C’est mercredi. Jour où j’ai l’habitude de m’adresser à vous en faisant un strip-tease de mon état d’âme de la semaine. Jour où je me libère, vous agace, en danse lascive ou en fouettant mes cheveux. Je vous montre rien qu’un détail, ou, hop, je me dévoile entière, pour me cacher à nouveau en vous donnant une petite pichenotte sur le nez. Je vous offre soudain une finale en spread eagle avec un clin d’œil entre mes jambes ou je baisse le regard, timide, en me couvrant de mes avant bras…

Le curseur clignote sur ma page et je suis jammée ben raide. Telle une jeune première, un soir de deuxième, quand les journaux n’ont pas tous été tendres, l’oeil collé entre les rideaux de velours rouges en écoutant la salle qui se comble. Le trac m’étouffe et j’ai la chienne de décevoir maintenant.

Plus de 85 mille visites de partout sur la planète pendant l’année, Christine!  On est curieux de toi, Christine. Écris, Christine. Écris. Écris!! My God, écris n’importe quoi, mais écris!

Je pense à ceux qui me connaissent dans la vie et leurs clics silencieux. Leurs lectures de moi sans jamais m’en parler. Je me dis qu’ils ont honte de moi. Ça me rappelle quand j’étais une pute  et que mes clients ne me saluaient pas quand je les croisais au Canadian Tire.

Écris. Insulte les pas, bâtard, écris!

Je pense à toi qui me lis en R.A.S chinoise de Hong Kong. Je t’aime. Je t’aime de m’aimer, étranger, étrangère. De me pardonner mes textes moins forts, mes ratés et de toujours me revenir. Souvent plus d’une fois dans la semaine. C’est pour toi que je devrais continuer.

Mais voilà…

J’y arrive pas. J’suis sur l’accotement, amnésique et polytraumatisée. Je sais plus comment faire. Paralysée au dessus des touches du clavier. J’ai juste le goût de gommer, d’effacer le pas bon, de recommencer, de gagner la médaille et les applaudissements des mamans. Je voudrais écrire ce billet qui vous rendrait tous heureux. Quitte à m’en rendre malheureuse.

Pour ce faire, mon billet devrait être personnel, mais qu’on puisse s’y reconnaître. Léger à lire, mais profond dans son contenu. Sans fautes, ni anglicismes. Comique, mais en subtilité. Habile dans la formulation, mais sans faire ampoulé. Provocateur dans les idées, pas les images. Oui. Allons! Allons!

Je me sens dépassée, je me sens incapable, je me sens cyclope parmi les voyants, plotte parmi les voyeurs.

Alors quoi? Tout abandonner? Ce serait facile, tentant. J’ai plusieurs contrats d’écriture qui me tiennent occupé la bourse et le calendrier…

Mais ici… Ici, je voulais peindre avec mes propres pinceaux, mélanger mes propres couleurs. Je voulais prendre le droit à l’essai et erreur. Ici, c’était mon cahier d’exercice, le piano où je faisais mes gammes. C’est beau ici. Même si c’est un peu croche. C’est chez nous, fait que…

Ce que je propose, puisque mes entrailles n’arrivent pas à pondre l’œuf d’or tant désiré,  c’est de me revisiter. Je repars du début,  je me corrige, me relis, me rédige à nouveau éclairée par ces douze mois, puisque la crisse de folle n’est plus autant folle…

Ouan. C’est ça que je vais faire! Je m’éponge et remonte dans le ring. Je vais garder mes moves, mais en écoutant ce que les coachs n’arrêtent pas de gueuler derrière les cordages.

Mercredi prochain, je fais du neuf avec du vieux. Peut-être que vous aimerez le second coup d’œil? Peut-être pas. Je me remixe. Et comme j’suis quand même une borgne bornée,  je vais vous offrir également du flambant la pine, parfois, parce que c’est quand même mon blogue à moi et je fais ce que je veux, calisse! S’cusez! Ha, Zut! S’cusez! Merde!

C’est sûr que certains d’entre vous vont insister de pas me laisser atteindre par la critique, pis j’vais trouver que vous avez bien raison, pis j’vais encore être plus fourrée, mais tsé…

Je me recycle pareil. Un recul pour mieux bondir vers l’avant.

Merci de m’avoir lue. Merci de me relire.