L’amour à part.

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Habiter avec sa douce moitié est un tue l’amour. J’ai essayé. Plusieurs fois.  Je suis incapable de vivre avec quelqu’un.  Je me retrouve tout le temps à faire mes boîtes et partir. Et bien que les raisons de la rupture fussent plus profondes qu’un simple problème de cohabitation, je pense que ça n’aidait pas la cause.

Pourquoi devoir se soumettre aux habitudes de l’autre? Pourquoi l’autre devrait-il subir nos propres façons de faire? Pourquoi les compromis obligés allant de «quel côté du lit dormir» à «quel côté le rouleau de papier de toilette doit se dérouler»? Pourquoi se plier, s’oublier et perdre son caractère pour acheter la paix?

Partager un loyer avec son amoureux, c’est très vite perdre son individualité et se mettre au «On» :

«T’as pas su? Mon chum pis moi, on déménage ensemble! On est tellement content, là!».

«J’peux pas ce soir, on va voir Philippe Bond au St-Denis. On l’aime assez! Oui, oui! J’t’assure!»

«Hi, caline, on n’est pas sûr pour quel clown on va voter. Au début, j’pensais Vert, mais on a changé d’idée.»

Lentement, l’élu de notre cœur nous  impose un oiseau de malheur, le volatile picosseur, le «Faut qu’on» :

«Ok, y’a plus d’ustensiles, faut qu’on fasse la vaisselle! Oups! Pis faut qu’on achète du savon, ok?»

«Faut qu’on enlève les feuilles de la gouttière! Pis faut qu’on fasses nos impôts en fin de semaine, sérieux!»

«Allez! Dépêches-toi! Faut qu’on y aille. J’t’ai dis, faut qu’on soit là à trois heures!»

Doucement, sournoisement, le «T’as-tu» se rajoute à notre langage :

«T’as-tu sorti les vidanges?»

«T’as-tu niaisé avec mon ordi?»

«T’as-tu écouté c’que j’t’ai dis?»

Puis, un jour, on en est rendu à alterner le «Toujours» et le «Jamais». Et c’est foutument désagréable :

«C’est ça, c’est toujours les reproches!»

«On dirait qu’t’es jamais dans l’mood!»

«J’ai jamais dis ça! Faut toujours que t’exagère!!»

On lâche les bombes sans plus trop s’en rendre compte. On en reçoit tout autant, sans trop les entendre. Mais on devient de moins en moins fou l’un de l’autre.

Habiter avec son âme sœur, c’est se gosser le bonheur à petits coups de canif pour ne laisser que des copaux de déception. C’est mettre en commun le stress des responsabilités, des tâches et des dettes et venir émousser le désir, la tendresse et le respect.

Dans mon idée, en ayant son propre lieu, un couple s’épanouit chacun de son côté, garant de ses choix, complètement autonome et intègre. Il peut se commettre complètement tout en pratiquant le principe de «tes bébelles pis dans ta cour».

Imaginez se rencontrer pour la simple envie se voir. Aider parce que ça nous tente, pas par nécessité. Partager sa journée, se révéler comme avec personne, mais sans avoir à s’excuser de ses idiosyncrasies ou devoir gérer celles de l’amour de notre vie. Bref, mettre une croix sur le quotidien à deux.

Je sais que l’amour à part, n’est pas pour tout le monde. Beaucoup me jurent qu’ils s’épanouissent en coexistence. C’est presque louche…  Mais pour moi et mon caractère papier sablé, ce sera la seule manière pour que mon couple dure.

Et si ma relation éclate en morceaux et en sanglots, je remettrai mes clés et irai vider des boîtes de Kleenex, plutôt que des boîtes de déménagement.

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2 réflexions sur “L’amour à part.

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