Avoir déjà vu neiger.

LetItSnow

C’est beau l’hiver… Le manteau d’hermine qui s’étend au sol. Les flocons tombant du ciel en vrais kamikazes cristallisés qui s’écrasent un peu partout. Et puis, quoi de mieux que des sapins couverts de neige pour revirer ta «falle basse» en «Falalalala, lalalala!». Oui, c’est beau l’hiver… mais mauzus,  qu’en général, c’est frette!

Pas un qui se ressemble, ceci-dit. Des années, on se les gèle en grande dépression venue du Nord. D’autres, on se la gadoue en petit Jésus de givre fondant grâce au El Niño. Mais que l’hiver doux ou dur, au Québec, la carte postale vient toujours en Frissonrama.

Plus le décor est féérique, plus c’est frisquet exposant -15. Quand je marche dans la blanche et que ça sonne comme du styrofoam, c’est qu’il fait assez froid pour me diagnostiquer un vortex bipolaire.  Quand le ciel tourne au plomb et que la lumière est filtrée par une moustiquaire de déprime, ma joie de vivre tombe une grosse coche en dessous de zéro.

Je n’aime pas quand le Chinook fait couler les glaciers et mon mascara. J’aime pas avoir les narines fissurées par le temps sec puis les bas de laine mouillés par l’humidité. J’aime pas la sensation d’engelure où mes extrémités m’envoient des signaux de détresses en m’électrocutant les terminaisons nerveuses jusqu’à recroquevillement complet du corps.  J’aime pas quand la grippe me transforme en loque fiévreuse qui répand mon Néo Citran sur mes doigts gourds. J’aime pas mes épaules dans mes oreilles et mes fesses serrées, ça me fait marcher bizarrement sur les trottoirs assaisonnés au gros sel et gravelle.  J’aime pas me fouler les chevilles sur les traces fossilisées de la dernière pluie verglassante. J’aime pas la giboulée, la poudrerie, le grésil ou la grèle. J’aime pas les marres de sloche sur le coins des rues. J’aime pas non plus les températures en dents de scie. J’aime pas l’hiver. Non. C’est pas que j’aime pas ça. Je déteste ça. En fait, ça me laisse hostile et frigide.

Le secret pour pas me faire chier au cube de glace, c’est de m’habiller style « Inuit frileux» et de m’amuser avec la bouse de nuage. J’oublie un peu le froid quand je suis dans la nature ou dans un parc et que je glisse en fillette de six ans sur l’eau gelée. Ça aide. Mais le meilleur bout d’une journée à jouer dans la bouette blanche, ça demeure tout de même lorsque je rentre en morvant mon sentiment du fait accompli. Que c’est plaisant de fondre doucement avec un chocolat chaud!  Et par «chocolat chaud» je veux dire: «scotch straight».

Je me console également parce que, bien que je grelotte en frimas du calcaire, je ne me fais jamais autant chier que les propriétaires de voitures. Tailler sa Mazda 323 du centre d’un iceberg, à sept heure le matin, ça a l’air plaisant en p’tites guédilles givrées. Sortir sa bagnole d’une congère en vrillant rageusement les pneus, aussi.  La porte qui ne se débarre pas, les câbles à booster, la déneigeuse qui t’arrache le miroir, être assis dans un frigo sur roues à sacrer contre la chaufferette qui fait des siennes puis essayer de se stationner pas trop tout croche entre deux banquises… Ouan, je l’ai facile comme piétonne popsicle.

Je me réconforte aussi en observant les français fraîchement débarqués sur le Plateau Mont-Royal. Ils patinent sur l’Avenue avec une gueule de congelé, réalisant qu’ils ont quitté un mauvais climat social pour un mauvais climat tout court. «Ha, putaiiiiin, mais c’qu’on se les caiiiilles!!». Et moi de leur rire à la barbe hipster : «Tu prends moins de photos qu’en décembre, hein, mon Didier?? T’as hâte que ça finisse, han? Encore trois semaines d’hiver techniquement! Techniquement…Mouhahahaaaa!!»

Enfin, qu’est-ce que je voulais dire donc en maugréant comme une marmotte maussade ? Ha, oui!! J’ai perdu mon chapeau de poil. J’ai voulu m’en acheter un autre. Les magasins n’en tiennent plus. C’est la saison printemps-été semble-t’il. Faut croire qu’ils n’ont pas regardé par la fenêtre.

Bon. J’ai déjà vu neiger. Je vais attacher mon foulard sur mes oreilles et affronter tout ça avec un sourire aux lèvres gercées.

Et par «affronter», je veux dire «Cayo Coco, here I come!»

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2 réflexions sur “Avoir déjà vu neiger.

  1. Ostie de crisse de frette sale ! Maudit crisse d’hiver sale. Comment ça qui fait frette de même un 17 Février ?
    On peut tu en revenir de l’hiver ! Il va faire frette de même encore un autre ciboire de deux semaines.

    Les osties de crisse de vortex polaire chu pu capable ! On a eu une vague de frette semblable en 2014 aussi. Les hivers sont de plus en plus frette d’année en année.

    J’ai hâte qu’il vienne le réchauffement de la planète qu’on aille la paix. Si j’étais milliardaire, je m’achèterais une usine chimique et je cracherais du perfluorotributylamine 24 heures sur 24 pour accélérer le réchauffement de la planète par un facteur afin que arrête une bonne fois pour toutes de se geler le cul de la sorte.

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