Se mettre les pieds dedans.

 

Foot

Ce n’est pas donné à tous de savoir communiquer adéquatement. Sujet, verbe, complément. La prémisse, la conclusion. De plus, il faut saupoudrer le tout de tact et de diplomatie. Sujet, verbe, compliment. Savoir ce qui se dit, ce qui ne se dit pas. Je ne le possède pas, ce bout-là.

J’ai le devant des tibias avec des entailles de coups sous la table pour me faire taire. Être socialement maladroite, la queen du lapsus et borderline syndrome de la Tourette, ça met dans le trouble et ça jette dans l’embarras. En contrepartie, ça donne des anecdotes…

J’avais une copine qui appelait tout le temps chez nous en imitant des vedettes de la télé. Une fois, elle a fait semblant d’être Macha Limonchik. Moi, pas dupe, je lui balance : «Ouan, Macha Limonchik? J’trouve que t’as des méchantes belles grosses boules, Macha Limonchik!». Évidemment, parce que j’ai un karma de bébé phoque, c’était Macha Limonchik.  Elle voulait parler à mon copain de l’époque, un comédien.

Dans un party, j’ai pointé mon genre de mâle du doigt en murmurant à la fille devant moi à quel point je te l’étendrais sur un biscuit Ritz pour le bouffer tout rond. Et découvert, bien sûr, bien sûr, que la fardée qui me regarde pour tuer, c’est sa blonde.

J’ai déjà reçu en cadeau un tricot hideux. Pas tellement laid que c’est hipster, non, juste laid naturel. J’ai voulu prétendre que «Merciiiii! Ça me fait tellement plaisir!», pour m’entendre articuler : «Merciiii! Ça me fait tellement pitié!»

Ou comment oublier lorsque je me suis exclamée «Han? Vas chier!» en poussant violemment les épaules d’un jeune ami de mon fils qui m’apprend qu’il est accepté dans une bonne école. Avec ses parents qui me toisent comme si je venais de leur faire sentir mon pet.

Ainsi, je me mets les pieds dans la bouche, les plats, et la merde. En prime, j’en reçois au cul de ne pas savoir me fermer la trappe. Mais pourquoi diable mon mécanisme de défense devant la visite est-il de virer «mononcle» et d’utiliser un humour déplacé? J’imagine générer une émotion joyeuse mais je récolte assez de malaises pour l’embouteiller et le vendre. De toute évidence, j’ai une déficience en étalonnage social.

Dans le but de retrouver l’art de la conversation, j’ai vérifié sur le Net les «quoi ne pas faire». Pour demeurer correcte dans une conversation, il faut éviter la politique, la santé, l’argent, la religion, les potins et le travail. Ne pas être grossière, se moquer de l’autre ou parler de choses sombre…

*Crickets*…

Dans ce cas-là, je n’ai rien à dire. Aussi bien embrasser ma maladresse en me mordant le bout de la langue avant qu’une de mes niaiseries vienne faire un rond de bave sur la nappe. Je ne suis pas obligée de faire rire à tout prix. Je peux juste me fermer la gueule, ça ne fera pas de tort à personne. Et si une phrase déplacée quitte, malgré moi, l’étau de mes incisives, je vais simplement m’excuser auprès de mon interlocuteur. À profusion.

Bref, je suis vraiment désolée et je me sens conne, Macha Limonchik, pour l’affaire des grosses boules…  J’veux dire: t’as des grosses boules, c’est évident, mais ça ne se dit pas des trucs comme ça…

Fait que, s’cuses. Vraiment. Pour les grosses boules, Macha…

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2 réflexions sur “Se mettre les pieds dedans.

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