Le temps des moiteurs.

HeatWave

C’est le temps des grandes chaleurs. Le temps des débarbouillettes et des éventails de fortune.  C’est le temps des oufs!, des fious! et des ploufs! Des nuits canicules où on s’étoile dans nos draps. Ça colle, ça sue, ça crie dans les rues.

Oui, c’est le temps de parler trop fort dehors. De brasser le smog avec nos corps soudain érectiles. De s’acheter une petite robe de coton et un tube de rouge à lèvre. Le temps de chercher la terrasse, la rencontre et le pichet en spécial.

C’est le temps des pique-niques avec la famille et les amis. Des frisbees lancés aux chiens et des autres chiens qui donnent des tickets dans les parcs. C’est le temps de faire prendre de l’air à sa guitare. Ça joue, ça rit, ça sent le barbecue.

C’est le temps du vert halluciné et du bleu Van Gogh. Le temps de la lumière qui fait sourire, qui fait du bien. C’est le temps de verser sa tête vers l’arrière et d’offrir sa gorge au Dieu Râ. C’est le temps des papillons, le temps des pétales.

C’est le temps des vacances. De s’impatienter à la frontière, de se fâcher contre les enfants en arrière. C’est le temps du millage. C’est le temps des dépenses. Ça veut prendre une photo, ça veut savoir quand est-ce qu’on est rendu.

C’est le temps des sons amplifiés. Le temps des gazouillis, des marteau-piqueurs et des flip-flops.  Les casques jaunes sifflent les filles, les gants blancs sifflent les voitures. C’est le temps des tondeuses, des pics-bois. C’est le temps des cigales.

C’est le temps sudoripare. Des perles de sel qui font moustache aux lèvres et calcium aux aisselles. Les cheveux frisent, les ordis surchauffent et les ménopauses explosent. Ça fleure le musc, les épices, les petits pieds et le cul.

C’est le temps de la fête, des feux d’artifices et des feux de joie. Des piñatas, des tombolas et du gai babil des bambins.  C’est le temps  des drapeaux bleus et blancs et blancs et rouges. De danser sur les trottoirs et de fouler les festivals.

C’est le temps d’aller à la campagne.  De monter la tente, de chasser les framboises, de cueillir les lucioles. C’est le temps de gratter les piqûres et de crémer la peau qui pèle. Ça randonne, ça kayake. Ça plonge dans le lac, nu.

C’est le temps des passions.  Des âmes humides qui s’accouplent pour la première fois. Des couples qui se hurlent à la gueule en face de la disco. C’est le temps des lunes gorgées. C’est le temps des crimes et des forces du mal.

C’est le temps du ciel qui craque.  Du vent jouissif créé par la surprise d’un silver shower tropical. C’est le temps  du sprint vers l’abri, du respect de la nature si forte et du wet t-shirt.  Ça gronde, ça flashe, ça pisse soudain à grand jus.

C’est le temps tant rêvé, le temps d’en profiter. Parce que, demain, déjà, ce sera le retour du temps sombre, le retour temps du temps noir. Des fenêtres qui se ferment, de la petite laine le soir. Bref,  le frisson d’encore un autre hiver proverbial.

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