Les nuits louves-garous.

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C’est les nuits de pleine lune, les pires. Ou les meilleures. Ça dépend. Ça dépend si j’ai eu ce que je veux. Feu, eau, terre, air. Désir, fluide, chair, souffle. Ça dépend si je suis amoureuse ou si je t’utilise simplement pour calmer ma faim.

Les soirs où les rayons du soleil rebondissent tout entiers sur notre satellite, je brûle et je mouille. C’est de même. J’suis à «On».  Électrique. J’ai la marée haute, houleuse, graisseuse, écumante.

J’ai envie que tu me regardes, que je t’hameçonne et que je te trouble. Oui, je cherche le trouble…

Mange-moi des yeux. Je vais m’approcher, prendre ton col et te tirer vers ma bouche. Te respirer, t’aspirer bien loin en moi. Ton odeur m’allume, qu’elle soit eau de Cologne ou sueur rance.

Laisse nos dents s’entrechoquer, c’est pas grave. De toute façon, je te mords la lèvre inférieure en te clouant au mur avec mon bassin.

Oui. Je vais appuyer mes hanches pour sonder ton flux sanguin et onduler comme une Shéhérazade fiévreuse. Ça fait mille ans que je copule et c’est toujours bon. Même quand c’est mauvais.

Je vais glisser ma main dans ta culotte et, si tu es un homme, je vais saisir l’occasion. Si tu es une femme, j’écarterai tes dernières hésitations. Bref, je vais prendre à pleine poignée le pouls de la situation. Je suis trop affamée pour que tu tergiverses.

Allez. À ton tour. Tu en meures d’envie, non ? Touche-moi. Striptease-moi. Ou arrache-moi tout et rend-moi déesse. Pardonne le coup de coude en enlevant mon chandail, je suis énervée. Oui, avale mes seins. Galbe, pince, et reviens à ma gueule que je te renifle l’âme.

Je veux me mettre en prière sur ton sexe, goûter ton sel et laisser ma langue prendre tes mesures. Chatouille-moi les narines de ton pubis ou pique-moi le nez parce que tu t’épiles trop. Je m’en contre balance. Je lèverai mes yeux vers toi et soutiendrai ton regard pour admirer ton visage trahir ton plaisir.

Écroulons-nous au sol ou faisons ça sur le lit, le divan, les marches, le comptoir de la cuisine ou le top de la laveuse, si tes mollets ne crampent pas trop parce que tu es sur la pointe des pieds.

Défonce-moi, ramone-moi, ramène-moi à toi. Je vais t’entourer de mes jambes et m’accrocher à tes épaules pour ne pas tomber. Permets-moi de te chevaucher en testant les pattes de ton meuble Ikea. Je vais me faire entendre par tes voisins, j’en ai bien peur.

Prenons notre temps, presque du surplace, juste pour bien m’empaler comme il faut. Je vais mettre ma main sur ta gorge. Peut-être te forcer les commissures avec mon pouce. Tu vas attraper ma croupe et me barater jusqu’à ce que je crispe la mâchoire en grognant des obscénités.

Crache sur ta bite et pète-moi la cenne, je m’en fous. Déchire-moi ou caresse-moi, sois tendre ou malin, mais ne me laisse pas indifférente.

Je te pardonne déjà si tu t’échappes parce que trop jeune et inexpérimenté. Je t’excuse tout autant si tu me saignes du nez entre les omoplates en réaction au Cialis parce que trop vieux. Je tirerai tes cheveux, si tu en as. Je grifferai ta nuque, si ça te plaît. Je lècherai sûrement ton lobe d’oreille en y gémissant mes encouragements.

Je vais m’asseoir sur ton visage et coincer tes bras sous mes genoux pour que tu puisses te reposer un peu. Je veux rouler avec toi, tanguer, rock et roller, lionner mon crâne contre ton menton.

Allez, baise-moi ou fais-moi l’amour, mais cesse ma douleur dans la moelle. Assouvie-moi. Si les astres sont alignés de bonne façon, je vais sans doute gicler comme le Bellagio à Vegas, faudra changer tes draps. Et je m’endormirai enfin avec ton stupre en guise de crème de jouvence.

Si je suis amoureuse, je resterai pour le café et plus encore, un demi-sucre, un nuage de lait. Je t’aime. Moi aussi. C’était merveilleux hier…

Si non, on se verra une fois à la lune bleue. Rassure-toi, je suis comme l’argenterie, je ternis si on ne me frotte pas de temps en temps, alors…

Oui, c’est les matins de pleines lunes où je suis la pire… ou la meilleure… ça dépend.

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8 réflexions sur “Les nuits louves-garous.

  1. Wouf! Ça déménage! Vous avez le mot mordant et la narration (envoûtante?) sans fioritures tant elle court vite! Bravo! J’ai aimé votre nouvelle!

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  2. Tu oublis les courbes, les mains, les regards libidineux de l’avant et ceux de l’assouvissement . Tu ne parle certainement pas du  » Bon Gars  », celui avec le coulis blanc aux commissures de ses lèvres . Bon ok, il faut se connaitre au plus sacrant ( je blague ) Très bien ta nouvelle, as tu imaginer ce que le pli digito-palmaire peut transmettre aux galbes des seins ? ( Ça fait mille ans que je copule et c’est toujours bon. Même quand c’est mauvais. ) Trop bonne celle là . Je te lis, je te lis !

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