Se mettre en basses résolutions .

Detox

Comme d’habitude, on termine l’année sur une dérape d’excès en tout genre en se promettant que «Dès le premier, je m’y mets!».

Finalement,  on se donne un lousse jusqu’à la fête des rois.  Avec la cuite du réveillon encore fraîche au foie, on se dit qu’il serait préférable de se refaire un petit boire pour rééquilibrer les enzymes.  Puis, vu qu’il y a toujours du ragoût de pattes et de la tarte au sucre dans le frigo, aussi bien finir les restes, question d’enlever la tentation au moment de passer à son détox. Peut-être aussi que la randonnée en raquettes au Mont St-Bruno pourrait se faire après la sieste?

Et c’est comme ça qu’on commence la deuxième semaine de l’année : déjà un peu déçu de nous.

Plusieurs insistent qu’ils ne prennent jamais de résolutions. C’est mentir un brin. On tend tous à une version améliorée, revampée et optimisée de nous même. Et c’est souvent autour de la Saint-Sylvestre qu’on se met en branle. Ou pas. C’est ça l’affaire.

On jette l’année précédente comme une trainée qu’on a baisée et qui a fini par nous ennuyer et nous trahir. On accueille l’année qui vient comme si c’était la femme de notre vie, comme si elle n’allait pas être une salope comme toutes les autres.

On va vouloir remodeler notre corps en crachant 600 bidous pour une inscription au gym. On oublie que dès qu’il va faire moins quinze, ça ne nous tentera même pas de sortir pour amener nos vidanges au chemin.

On va vouloir arrêter de se ronger les ongles, mais bientôt notre existence et les impôts vont nous stresser des reculons jusqu’aux coudes.

On va se faire la promesse d’être plus gentil avec autrui et moins négatif, mais voilà que «les gens agissent comme des imbéciles qui méritent rien que ça des claques, fait que, come on, ils m’cherchent, on dirait, les maudits tatas!!»

Autrement dit, on débute l’an nouveau avec un jus de navet-kale-gingembre et on le termine en se brossant les dents avec du Jack Daniel’s…

En 2007, une étude menée par Richard Wiseman de l’Université de Bristol a montré que 88% des résolutions de la nouvelle année échouaient. Oui, j’ai pris ça sur Wikipédia. C’est fiable. Lâchez-moi.

Donc, se mettrait-on la barre trop haute? Pourquoi vouloir tant changer?  Pour presqu’inévitablement se culpabiliser de notre manque de volonté? Cette honte de soi, c’est une véritable perte de temps et de bonheur!

Pourquoi ne pas réduire nos résolutions au plus simple et au plus bas?  «Cette année, je vais faire ce que je peux. J’espère faire les bons choix le plus souvent possible.»

Dans un an, nous n’aurions peut-être pas complètement perdu notre 30 livres ou l’habitude de fumer ou notre compulsivité à acheter des bijoux en ligne, mais je serais prête à gager que nous serions beaucoup plus sereins devant l’inatteignable perfection de l’être.

Mais sinon, allez y. Arrêtez de manger de la viande ou de sacrer ou de vous coucher tard. Je vous souhaite bonne chance avec ça. Courage! On s’en reparle dans six mois, d’accord? Pour voir où on en est rendu?

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